Si en région hennuyère le « carnaval » à proprement parler est bien connu du public, il n’en demeure pas moins que les manifestations folkloriques ont débuté plusieurs mois auparavant. Ont déjà lieu en amont les répétitions de batterie, où les différentes sociétés de Gilles ont l’occasion de renouer le contact avec leurs tambours. Prennent place successivement les « soumonces » en batterie et en musique. S’annonce peu à peu le renouveau des saisons, au sortir de la rudesse de l’hiver. Ce renouveau du cycle des saisons a enfanté la formation d’improvisation SOUMONCES! (Sébastien Biset, Sébastien Karkoszka, Jean DL, et Impostor). Soumonces! est né d’un « Påskeøl live ». Par le printemps, Prima Tempera, la formation retrouve son origine folklorique. Entre improvisation hennuyère, avortement popcore foutraque, songwriting décousu, field revealing, envolées noise et autres dérapages, rien n’est préparé, anticipé. Tout est de l’ordre de l’accident, de la coïncidence, du spontané (sua ponte, volonté libre). Ca se dévoile sur le « coup » – un état de rencontre. Soumonces! se conçoit comme un groupe performatif de la dépense enthousiaste, qui, bien que non consensuel, se fonde sur un accord implicite trahissant la complémentarité / compatibilité de ses initiateurs. C’est en d’autres termes un groupe de gens particuliers ultra-sympas et intéressants qui font des trucs ensemble hyper-singuliers, opérant dans la chair du monde. C’est à la fois de la « noise pop improv exotique & nomade » sans maîtrise, du –core à tous les niveaux, la beauté de l’improvisation où les incidences progressent, se marient ou s’annulent. C’est aussi du noise, un magma porté par ses membres, des pulsions, des décharges. C’est primaire, rituel, sacré, physique, chamanique et critique – disensuel. ENJOY. Soumonces! c’est à la fois le chant et le cri – qui ne véhicule aucune parole, régression jusqu'au niveau le plus archaïque de la vie psychique et corporelle. Du désordre (à l’origine il y a le bruit) en guise de commémoration, de célébration. Le glas des cloches (« elles chanteront vos joies et pleureuront vos peines »). C’est aussi l’éloge des fins, sans péjoration. Ca fermente et ça jaillit, empreint de circonstances et de situations. Ou comment jouer/jouir du contexte, dans l’émancipation et l’insubordination. Quoi qu’on attende d’elle, la musique n’est pas déliée d’une situation. Elle est un incident de la vie dompté par l’esprit. Elle se vit, hic et nunc, empreinte des micro-événements participant de son espace-temps spécifique. C’est ainsi qu’un jour d’été, ils s’en allèrent pique-niquer dans les campagnes, munis d’un attirail fort singulier : bar nomade, vuvuzela, guitares, shruti box, éléments percussifs, flûtes, harmonicas, mélodicas, etc. S’installant au gré des envies et des nécessités, ils jouirent des contextes et des situations (grenier, hangar, église, jardin, cure, forêt, champs, etc.), des objets (cuve, brouette, cloches, barriques, échelles, etc.) et des matières (air, eau, bois, feu, poussière, etc.), extorquant le son au monde. De dérive en dérive, c’est aussi l’enjeu d’une dilatation progressive de l’espace (du clos, intime, à l’openfield, ouvert), perçu et vécu. Cet album est une sélection de situations choisies. Elles se conçoivent comme des sessions d’art pragmatique hyper-extatique en contexte.

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