Paris, july 2010

a film by vincent moon

images, sounds & edit by vincent moon
mix by gaspar claus
produced by temporary areas

myspace.com/arltmusic
blogotheque.net/Arlt,5733

part 1 _ vimeo.com/16609914
part 2 _ vimeo.com/16598618
long version _ vimeo.com/16583867
outtake 1 _ vimeo.com/16822384
outtake 2 _ vimeo.com/16818764

Tu reçois le film de Vincent Moon, on te demande gentiment d’écrire le texte qui ira avec, tu t’engages, tu te demandes bien quelle tête ça aura, tu regardes le film, tu le laisses imprimer quelque chose sur toi en espérant que des mots en sortiront, tu refermes le couvercle, tu laisses dormir, et tu attends... Puis tu commences à paniquer un peu, parce que rien ne vient. Rien de suffisamment vrai. Tu demandes de l’aide, mais tu t’y prends trop tard, tu tombes trop mal.

C’est que les chansons d’ALRT sont dans l’air depuis si longtemps qu’à force, on n’est pas sûr d’avoir quelque chose à rajouter. Et puis ça y est, on trouve sa vérité, une vérité, dans ces images qui lèvent des voiles.

Ce qu’on savait déjà, c’est que dans ARLT, il y a deux corps. Il faut sans doute les avoir vus sur scène pour s’en rendre compte pleinement, mais les images de Vincent Moon sont pleines de cette évidence là. Celui de Sing Sing, grand manitou aux allures d’un autre siècle, mais pas seulement. Des joues, une barbe, des doigts, des mollets. Rarement on aura entendu un chant aussi incarné physiquement.

Mais ARLT, c’est surtout quelque chose d’ancien, de vieux et de patiné. Ces deux-là et leurs étranges chants ne viennent pas tant d’ailleurs que d’une autre époque. Il fallait entrer dans leur antre, dans la caverne où ces deux-là s’abstraient du temps et piochent dans les sédiments de plus d’une vie. Il fallait découvrir ce temps hors du temps, ce temps où la tour Eiffel n’est qu’une carte postale de guingois sur un mur marqué, où la lumière n’affleure qu’en perçant de vieux rideaux, un temps où les mots roulent comme de vieilles pierres jusqu’à ce qu’Eloïse Decazes ne les réduise à leur plus simple expression. Une mélodie sans mots, qui en dit plus que des litanies.

On les avait vus dans les parages d’autres voyageurs du temps : Josephine Foster, ou Mike ’Sport’ Murphy pour ne citer qu’eux. On les retrouve donc au milieu de livres, de piles de livres, des pages et des pages de mots écrits il y a longtemps, sur un papier qui n’en finit plus de jaunir, dans une vieille institution à deux pas de pierres centenaires. Comme il se doit.

ARLT, c’est aussi un peu comme un trésor caché. Quelque chose que tout le monde ne peut pas entendre, quelque chose qui au grand air ne fait que passer furtivement. Soit parce qu’on le murmure dans les bas-fonds inquiétants, au milieu des foules indifférentes et des grincements des machines, comme une petite prière qu’on se récite à soi-même ou à l’oreille de l’autre, comme pour se rassurer pendant la nuit. Soit parce que cette musique va trop vite comme cette « Rouille » qui défile dans une rue qui ne pourra jamais la rattraper, jamais l’arrêter, chant aérien qui semble poussé par le vent lui-même et pas seulement par le souffle de deux corps adultes. Et que vous feriez bien d’essayer de suivre, tant que vous pouvez. Tout ira mieux, vous verrez.

text by garrincha

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