Par Nicolas Paradis et Guillaume Loignon
La modularité a beaucoup été utilisée en psychologie évolutionnaire ainsi qu’en science cognitive, sans toutefois que la nature de ce que constitue un module n’ait été adéquatement précisée (Gerrans 2002). Ainsi, les modules cognitifs ont été jugés être notamment domaine-spécifiques (Sperber 1994, 2001, 2005), nécessairement encapsulés (Fodor 1984), accessoirement encapsulés (Cosmides Tooby 1994), ainsi que combinaisons de ces caractéristiques (Fodor 1984, Bechtel). Le passage d'une notion de modularité dite ‘cognitive’ à une modularité épistémique se veut l’une des thèses de la nouvelle philosophie mécaniste (Skipper, Millstein 2005). La modularité épistémique exploite le lien fort entre mécanismes et explications causales (Darden 2006, Woodward 2002). Les auteurs se penchent sur ces deux sens de la modularité en regard du mécanisme de la sélection naturelle (Barros 2008, Skipper, Millstein 2005). Considérant que plusieurs auteurs défendent la modularité en tant qu’adaptation (Barret 2006, Wagner 200-), la question de la modularité de la sélection naturelle peut légitimement être soulevée, tant vis-à-vis de la modularité cognitive que de la modularité épistémique?