Partis de Paris le 30 juin 2011, les marcheuses et marcheurs contre le viol des femmes en RD Congo sont arrivés à Bruxelles le mardi 13 juillet 2011 à 16h25 en face de l’Union Européenne, au Rond-Point Schuman.

Un exploit : 309 kilomètres à pied pour une cause nationale.

Nous nous devons de féliciter :

- Les initiateurs du projet

- Tous ceux qui sont partis de Paris abandonnant famille, boulot et loisir pour une cause noble.

- Tous ceux qui ont marché durant une ou plusieurs étapes. Ces compagnies d’un jour ont sûrement entretenu le moral de nos marcheuses et marcheurs sans quoi, l’action aurait pu s’essouffler à mi-chemin.

Ils ont relevé un grand défi.

Les grands de ce monde pourront-ils reconnaître enfin ces comportements barbares et criminels dont sont victimes nos sœurs depuis des lustres ?

Ou est-ce que le silence hypocrite de certaines puissances continuera ?

Cette marche aura été une véritable école, une expérience unique, pour certains, la plus grande et la plus exaltante pour d'autres.

Pour cette deuxième étape, ils étaient partis de Halle peu avant 11h00.

Dans le cortège on apercevra madame Liliane Bemba ainsi que la veuve d’Armand Tungulu .

Durant le parcours, d’autres personnes viendront rejoindre la soixantaine de marcheurs qui étaient là au départ.

Tout au long de la marche, des chansons ne cesseront d’être entonnées. Contre le viol des congolaises bien sûr, mais aussi des chansons anti-Kabila, un grand registre.

Arrivés au niveau de l’esplanade de l’Europe, les marcheurs sont rejoints par une quarantaine de femmes de Belgique, représentant plusieurs associations.

Là, problème, la jonction n’a pu se faire. Pourquoi ?

Par des chemins tortueux (sima ya ndako, comme on dit en lingala), la marche arrivera enfin au rond-point Schuman. Ce sera la fin du calvaire pour ceux qui venaient de si loin. Et aussi pour nous qui avions parcouru les vingt derniers kilomètres !

Une expérience audacieuse.

QUELQUES INCIDENTS

Cette dernière étape aura été marquée par deux incidents.

Le premier à Halle.

Juste avant le démarrage, le pasteur Jean-Paul Moka, arrive en compagnie de sa femme, et se dirige vers les rangs des marcheurs.

Soudain, quelqu’un lui saute dessous. En se débattant, Jean-Paul Moka entraîne dans sa chute un policier.

Plusieurs manifestants tentent de s’interposer et la police emmène monsieur Moka loin de la tête de la marche.

Subitement, Moka revient à la charge. Il est alors maîtrisé par la police qui l’emmène cette fois, menottes aux poignets.

Et la marche reprend son droit.

DEUXIEME INCIDENT

A la jonction de l’esplanade de l’Europe près de la gare du midi, un accrochage intervient entre des combattants et la députée Gisèle Mandaila.

Echange des propos musclés et cela, durant plusieurs minutes.

Puis c’est l’incident, un manifestant déverse alors de la farine sur le visage et les cheveux de Gisèle Mandaila.

Propos discourtois voire injurieux fusent des deux côtés. Après d’interminables palabres, Gisèle Mandaila s’en va.

Par solidarité, la quarantaine de femmes venues soutenir les marcheurs s’en vont aussi.

L’une d’elle nous déclarera ceci au téléphone :

« Nous ne pouvons en aucune façon cautionner l’agression d’une femme par non pas un seul homme, mais des hommes et pire, durant une marche contre justement le viol et la violence des hommes vis-à-vis des femmes. »

Notre avis ?

La violence d’où qu’elle vienne, est condamnable.

Certes, la plus grande violence pour le Congo, c’est son occupation et sa direction par des étrangers, ce sont toutes ces tueries, tous ces viols, raison justement de la marche.

Les incidents actuels en sont des conséquences.

Après des centaines de kilomètres de marches, des journées de privation, les nerfs sont facilement à fleur de peau.

Pour l’histoire, cette longue marche devrait être retenue comme un élément fédérateur. Les congolaises et congolais doivent adhérer à son esprit.

La plus grande victoire serait que la plupart de ceux qui sont dans le système politique congolais se démarquent des délinquants et des criminels, en dénonçant aussi ces viols, un comportement d'un autre âge.

Cheik FITA

Bruxelles, le 14 juillet 2011

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