Vous entendrez la comptine faussement adolescente (si les adolescents pouvaient être capables d’apesanteur) de "I Believe In You" et cette façon qu’elle a de s’installer, lentement, très lentement. Comme on construit des châteaux de cartes, un peu. Regardez d’ailleurs la ville autour : les musiciens sont planqués dans une ruelle pas très passante, et elle ne semble se rendre compte de ce qui se passe qu’au tout dernier moment, alors que tout est déjà presque fini. Planquée au milieu, la promesse finale que ces gens portent, leur credo que presque personne n’entend : "I believe in music".
Et puis vous entendrez, la voix de Kurt Wagner. Si Antony est la voix du nouveau siècle, alors lui, ce vieux patriarche grisonnant entouré de jeunes musiciens dont on a le sentiment qu’il pourrait être leur père, est la voix du siècle avant-dernier.
texte de Garrincha