Du 16 octobre au 14 novembre 2004
“La C.I.A. à Montreuil”
Les villes contemporaines, villes technologiques, sont des réseaux de rues et de systèmes filaires, de canalisations, de flux et de circulation. Les murs et façades des bâtiments structurent leurs mouvements en les orientant et les arrêtant ; ils fonctionnent comme des barrages ou comme les ponts-levis des châteaux fort d’autrefois, où l’entrée est soumise à autorisation. Sous les couches de béton cependant, la circulation rencontre d’autres systèmes d’arrêt et d’ouverture/fermeture, dessinant une autre carte du territoire, un autre découpage de l’espace urbain. Bien que constituant la couche visible de la ville, les murs et façades n’en sont plus, aujourd’hui, que le masque. Un territoire virtuel produit des échanges entre dispositifs de communication, s’insinue et se superpose au territoire physique, modifiant notre rapport à l’espace.
Pour son action/installation aux Instants Chavirés, la Cellule d’Intervention d’Apo33 a choisi d’intervenir dans cette zone frontière qui ouvre le bâtiment sur son extérieur, la façade devenant l’objet d’une déconstruction symbolique. Il s’agit de faire apparaître un autre découpage possible entre un bâtiment et son dehors (la rue) que celui frontal d’une façade. Cette zone frontière est investie par la construction d’un réseau filaire et sonore, comme si, en creusant dans le sol, on avait laissé émerger ses bas-fonds.
La CIA tente de dessiner la cartographie souterraine, virtuelle et invisible que tracent les réseaux de circulation de flux et de communication. Réseau virtuel et invisible : sa manifestation implique donc un détour. Ce détour est celui du son, des éléments sonores captés par le réseau et mis en circulation par lui. La cartographie des réseaux apparaît dans les modes de transformation du son opéré par le réseau lui-même. Le son est le langage de ce réseau de réseaux. Automate de réseaux, le Poulpe se nourrit de son interaction avec son environnement immédiat.