Cette série de vidéos est issue de fragments de films 8 mm amateurs. Les courtes séquences de film sélectionnées ne sont constituées que d’une vingtaine de photogrammes, ceux que le laboratoire sacrifiait afin d’y faire figurer un codage qui avait pour fonction de distinguer les bobines les unes des autres lors du processus de développement. Ce système de codage est constitué d’une série de chiffres et de lettres dont la police de caractère est exclusivement composée de points, apposés dans la matière même de la bande de celluloïd, de minuscules perforations circulaires. Le titre de chacune des séries correspond à la série de chiffres et de lettres qui apparaissent sur le fragment de film.
Ce qui a retenu l’attention sur ces images c’est qu’elles sont relativement rares, c’est ensuite leur singularité due au parasitage arbitraire de l’image initiale. La rareté de ces séquences s’explique facilement, à cela plusieurs raisons. La plus simple est certainement que ces images gâchées ou sacrifiées étaient bien souvent extraites au montage par les cinéastes amateurs. C’est donc le plus souvent sur des bobines non montées que se trouvent ces séquences. Une autre très bonne raison à leur rareté est leur position sur le film. En appliquant ces marques au tout début de la longueur du film c’est bien souvent sur une partie de film voilé lors du chargement qu’elles apparaissent.
Les codages, ces attaques externes, en ajoutant de l’information dans la matière même des films créent une série de béances dans le celluloïd. Ces vidéos explorent le rapport ambigu qu’entretient ici, par le biais de ces perforations parasites, le support filmique et la scène filmée, sujet de la représentation, et par là même, plus généralement, tout support avec la représentation qu’il permet.

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