Français

Vidéo réalisée à partir de la série photographique "Bodies" (à voir sur mon site: dorianne-wotton.com/fr/portfolio-17629-0-9-bodies.html)

Images et vidéo: Dorianne Wotton

Figurants: Alizée, Fred, Marie, Marianne, Physalis, Xavier
et sur une idée originale de Vanda Spengler.

Les corps.

Corps comme matière première.

Foyers d'énergies disséminées.

Anatomies qui peinent à contenir, à circonscrire, à exister par le dedans de leurs propres membranes.

Geôles. Car ces corps sont trop étroits pour enclore la puissance qui les peuple, leurs convulsions, leurs pensées, leurs sens.

Corps mis en demeure de livrer jusqu’à leurs sucs intimes, de livrer leurs secrets, leurs vérités cachées.

Corps actant, actif, critique et ironique. Il montre ce qui est caché. Fait de chair et de sang, enrobant des consciences torturées, exigeantes, cherchant à s’extraire de l’inévitable déréliction.

Faire voler son corps en éclat, le perdre, fusionner les membres. Morceaux, ligaments, aponévroses.

Antinomie. Fusion comme liberté. Se rapprocher pour se détacher, de la violence de la perdition, de la pesanteur existentielle.

Art subtil de l’entremêlement des corps et gageure de la nudité, dentelle des formes, dessin de courbes.

Prêts à suivre le moindre mouvement émotionnel, glissant l’un sur l’autre, s’effleurant par mégarde.

S’éloigner, s’approcher. Retrouver d’autres compagnons de fortune. S’entrelacer et se cheviller, réajustés discrètement en de sombres lieux…

Passagers clandestins, étrangers à eux mêmes, dissimulés parmi des voyageurs engourdis, leurs vêtements froissés par les rêves. Il n'y a plus d'êtres. Il n'y a plus que des corps. Plus de décors. Qui est là? comment? pourquoi? Pourquoi en est-il arrivé là. Et là, c'est où?

Les stations sont faites de corps qui se découvrent, de corps que les rails emportent. Entre deux wagons, des images de corps obscurcis par une épaisse poussière de roche et de crasse.

Au fil des déambulations, réelles ou imaginaires, ces êtres en corps à corps construisent et déconstruisent cet amas de chair. Voyage initiatique, tantôt imaginaire, tantôt réel, qui projettent ces corps à l’extérieur d'eux-mêmes, sorte d’orbite mentale sans fin dont les membres sont l’épicentre. Reniant leur corps comme ils le feraient d’un objet "in-signifiant", ces êtres cherchent à les projeter vers un signifié invisible, transcendant la matérialité, l’ordre des choses, leurs menus arrangements au sein d’une quotidienneté qui ne les atteint plus. La pudeur et les moeurs, qui  contraignent à se plier aux règles de bienséance, ont cédé.  Le corps se libère. Il parle. Il danse avec le rythme d’un langage nouveau. Mais avant d’y parvenir, le corps devra capituler, se déliter, se laisser submerger. Le monde l’assiège, le circonscrit, le pressure. La peau est la dernière barrière, l’ultime paroi. Paroi de pores.
Instants volés, ces corps emmêlés ne cessent de se faire et de se défaire, se composant par bribes ici pour se déstructurer là, selon un rythme lent, mais inexorable. Cachant ce qu'on voyait, dévoilant ce que l'on masquait, changeant le point de vue, forçant à trouver une nouvelle place.
Les vêtements sont tombés et jonchent le sol, la diversité des couleurs disparait, les corps nus aux teintes uniformes apparaissent, s'apparient, se regroupent, se figent enfin pour constituer une entité singulière. Chacun semble flotter au dessus de la scène. Puis cette sculpture humaine se défait, se dilate, les corps de chacun se trouvent repoussés, solitaires, refroidis, dérisoires. C'est la fin du voyage.

ENGLISH

A brand new video, made from the unpublished photographic serie "Bodies" (you can discover this serie on my website: dorianne-wotton.com/fr/portfolio-17629-0-9-bodies.html)
Images and video: Dorianne Wotton
With: Alizée, Fred, Mary, Marianne, Physalis, Xavier
Original idea by Vanda Spengler.

Bodies.

Bodies as raw material.

Homes of scattered energies.

Anatomies who labor to contain, to circumscribe, to exist from withtheir own membranes.

Jails. Because these bodies are too narrow to enclose the power that settle them, their seizures, their thoughts, their meanings.

Bodies ordered to deliver up to their intimate juices, to deliver their secrets, their hidden truths.

Bodies recording, active, critical, ironic. They show what is hidden. Made in flesh and blood, coating of tortured consciences, demanding, trying to extract themselves from the inescapable dereliction.

Shatter his body, waste him, merge the members. Parts, ligations, fascias.

Antinomy. Fusion as freedom. To close to break away, from violence of perdition, from existential gravity.

Fine art of intermingling of bodies and challenge of the nudity, lace of forms, draw of curves.

Ready to follow any emotional movement, slide along one on the other one, inadvertently touching.

To go away, to go near. Meet other fortune companions. To interwine and to peg, discreetly reajusted in somber places...

Stowaways, strangers to themselves, covered amongst numb travelers, their clothes wrinkled by dreams. There is no more one being. There is juste bodies. No sets. Who's there? How? Why? Why did he happen to there. And there, where is it?

Stations are made of bodies who take of, of bodies that tracks take. Between two wagons, pictures of bodies obscured by a thic stone dust and dirt.

In the course of perambulations, real or fanciful, these beings in infighting build and destroy this heap of flesh. Initiation travel, sometime real, sometime fanciful, project these bodies out of themeselves, kind of mental endless orbit whose members are the epicetrum. Denying their body like they did for an « trivial » object, these beings search to project to an invisible meaned, transcending materiality, the order of things, there minor arrangements within a dailyty that doesn't reach them more. The decency and the morals, that compel to bow to rules of propriety, have given away. The body breaks free. He talks. He dances with the rythm of a new language. But before to get through, the body will have to surrender, to disintegrate, to get overwhelm. World besiege him, circumscribe him, pressure him. The skin is behind the barrier, ultimate wall. Wall of pores.
Stolen moments, these tangled bodies never stop to come done then undone, putting together by scraps here to destructure there, under a leisurely tempo, but inexorable. Masking what we saw, showing what we masked, changing the point of view, constraining to find a new place.
Clothes have felt down and litter the floor, the diversity of colors disappears, nude bodies with uniform-tinted appear, match up, regroup, finally freeze to constitute a singular entity. Each seems to float above the stage. Then this human sculpture parts with, dilate, the bodies of each are repulsed, reclusive, cooled, wretched. This is the end of the travel.

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