Documentation of a site-specific multimedia installation created in collaboration with Eric Raymond. The work was presented at Netwerk CCA (Aalst, Belgium) and Trinity Square Video (Toronto, Canada) as part of The Images Festival.

Tunnel Vision is a multimedia installation that consists of a video projection, surround sound and lighting effects. The imagery was created using 3D modeling and animation. The work is a visual and auditory experience of spatiality. It was produced specifically for the Centre and seeks to explore the body's experience and the sensory effects of industrial architecture.

The building which houses the art centre is rudimentary and functional in its structure. As in most old factories, the inside spaces are relatively anonymous and impersonal. There is very little in the room to trigger any associations. The emptiness in it thus becomes strangely present and takes on another dimension, suggesting an infinite identical space and a vertiginous depth. This absence is like a desert of the interior.

Usually an installation inhabits the space, but here the work disappears, or rather, it is the space itself that manifests through the work. Before entering the room, the visitor sees a dimly lit video still and hears an almost inaudible rumble. The projection creates the illusion that the room is much deeper and curved, like a tunnel or long corridor, than it actually is. When the viewer enters the room, the visual and sound environment changes. The still image starts moving, giving the impression that one is travelling along a winding passage. The rumble becomes louder and stronger. The projection gradually becomes brighter as the sound increases in volume. When both sound and light reach a saturation point, a set of lights illuminates the room. The rumble travels past the visitor and fades away. The light also disappears, and silence takes over.

As the title suggests, the work explores ideas associated with the process of immersive perceptual awareness. It sets up an environment that confronts us with visual and auditory stimuli which are at times soothing and at other times disturbing. Because the installation plays with basic physical reflexes and primary sensations, the visitor is brought to a more primitive level of awareness. Experiencing the effects of strong light on our eyes or low rumbling noises on our ears, we are taken to the limits of human sensory capacities

The soundscape is a response to the qualitative dimensions of the space and echoes the minimalist architecture of the building. Listeners are invited to immerse themselves in an experience of primal acoustic events. Since being surrounded by sound engages our sensory perceptions, the entire body becomes involved in a kinesthetic experience.

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Computer, video projector, surround sound system, lightning system, DMX dimmer, motion detector.

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Documentation d'une installation multimédia réalisée en collaboration avec Éric Raymond et présentée à Netwerk CCA (Alost, Belgique) et à Trinity Square Video (Toronto) dans le cadre de Images Festival.

Tunnel vision est une installation multimédia composée d'une projection vidéo, d'un environnement sonore spatialisé et d'un jeu de lumière. La composante visuelle est réalisée en animation 3D. Cette oeuvre propose une expérience visuelle et auditive de la spatialité. Elle cherche à explorer les affects sensoriels et l'expérience physique de l'architecture industrielle.

Le bâtiment du centre d'art est caractérisé par une structure rudimentaire et fonctionnelle résultant d'une vacance architecturale. Comme dans la plupart des édifices de ce genre, les espaces intérieurs y sont plutôt anonymes et impersonnels. Ils ne renvoient à aucune mémoire historique ou très peu. Le vide y devient alors étrangement présent et prend une autre dimension, suggérant un espace identique infini et une mise en abîme vertigineuse. Cette forme d'absence incarne un désert intérieur.

Habituellement, une œuvre investit un lieu, mais ici l'œuvre y disparaît, car c'est l’architecture elle-même qui se déploie à travers elle. Avant d'entrer dans la salle, le spectateur aperçoit une projection visuelle statique de faible intensité tout en entendant un grondement sonore quasi inaudible. La projection créée une illusion spatiale en perspective qui semble se développer en continuité avec l'architecture. À l'instar d'un long couloir, la salle apparaît alors comme étant plus profonde et incurvée. Lorsque le spectateur entre dans la salle, l'environnement visuel et sonore se transforme. La vidéo se met en mouvement nous donnant l'impression d'un déplacement sinueux à l’intérieur d'un tunnel. Évoluant en amplitude et gagnant en spatialité, l'espace sonore devient plus audible. Graduellement, la projection devient plus lumineuse et la matière sonore plus présente. Lorsque l'espace perceptuel semble sur le point d'atteindre une forme de saturation, un dispositif d'éclairage illumine la salle et éblouit le spectateur. L'environnement acoustique traverse alors l’espace pour disparaître derrière le spectateur. La pièce s'assombrit ensuite à nouveau pour redevenir silencieuse.

Comme le titre le suggère, cette œuvre explore des idées associées aux processus de conscience impliqués lors de l'immersion perceptive. Elle met en place un environnement dans lequel nous sommes confrontés à divers stimuli visuels et sonores, tantôt apaisants, tantôt dérangeants. L'oeuvre jouant au niveau des réflexes physiologiques fondamentaux et des sensations primaires, le spectateur est amené à prendre contact avec des zones plus primitives de la conscience. Expérimentant les effets de la lumière forte sur la vision ou des basses fréquences sur l'appareil auditif, nous sommes amenés aux limites des capacités sensorielles humaines.

La conception sonore cherche à répondre aux dimensions qualitatives de l'espace et à faire écho aux règles architectoniques minimales de la structure de l'édifice. L'auditeur est appelé à s'immerger dans une étendue composée d'événements acoustiques élémentaires. Cette matière sonore ambiante s'adressant d'abord à la sensibilité, l'ensemble du corps devient l'objet d'une expérience kinesthésique.

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Ordinateur, projecteur vidéo, système de son ambiophonique, système d'éclairage, gradateur DMX, détecteur de mouvement.

Durée totale de l'expérience: 10:30

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Merci / thanks to: Jean-François Gauthier, Ronny Heiremans, Sacha Vitovsky, Aubrey Reeves, Conseil des arts et lettres du Québec, Canada Council for the arts.

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