Principaux moments de la table ronde "L’éducation, la chance de l’Afrique. Dix ans de projets en faveur de l'éducation : bilan et perspectives" organisée par le ministère des Affaires étrangères et l’Agence Française de Développement (AFD) le 20 novembre 2012. Cet événement a réuni près de 200 participants autour d’un panel d’intervenants riche et diversifié composé de représentants d'organisations internationales et des ministres de l’Education nationale du Burkina Faso et du Sénégal.*
Quels progrès ont été réalisés depuis 2000 ?

En 2000, la communauté internationale a retenu deux objectifs prioritaires : réaliser la scolarisation primaire universelle et l’égalité des sexes. Ces engagements se sont traduits par une collaboration internationale étroite en faveur de l’éducation, en appui à l’élaboration de plans sectoriels nationaux. Plus de dix ans après, quel bilan peut-on tirer de ces initiatives ? À trois ans de la date butoir de 2015, quelles sont désormais les orientations de l’agenda éducatif international ?

Une éducation pour tous mais pas pour tous

La conférence a d’abord mis l’accent sur les progrès importants accomplis en termes d’accès à l’enseignement primaire, comme le démontre l’augmentation significative des taux de scolarisation sur le continent. Cependant, 60 millions d’enfants dans le monde ne sont toujours pas scolarisés, dont plus de trente millions en Afrique subsaharienne. Sont particulièrement exclus des systèmes éducatifs les populations vulnérables (pauvres, rurales, atteintes d’un handicap…) et plus précisément les filles, bien que leurs taux de scolarisation aient eux aussi beaucoup augmenté.

Des progrès décevants en matière de qualité de l'éducation

Les intervenants ont ensuite souligné que les progrès en termes de qualité ont été plus limités. Deux raisons en particulier ont été évoquées pour expliquer ce « déficit de qualité ». D’une part, le problème de la formation des enseignants : ceux-ci sont peu diplômés et bénéficient de formation de trop courte durée. D’autre part, les premiers apprentissages se font le plus souvent exclusivement en français, langue que beaucoup d’élèves ne maîtrisent pas au moment de leur entrée à l’école primaire. La mise en place d’un enseignement bilingue, comme c’est déjà le cas dans certains pays grâce au projet ELAN (Initiative d’enseignement des langues nationales) cofinancé par l’AFD et l’Office international de la francophonie (OIF), a été saluée.

Quel a été le rôle de l’aide internationale ?

Les débats ont par ailleurs porté sur le rôle de l’aide internationale. L’aide est nécessaire et utile pour renforcer les capacités des acteurs locaux et pour soutenir les efforts budgétaires des Etats africains qui demeurent les premiers bailleurs du secteur. Les ministres africains ont insisté sur l’importance du leadership des pays bénéficiaires de l’aide, à la fois pour la définition de leur stratégie éducative et celle de leur financement. Les représentants de la société civile et du MAE ont, pour leur part, insisté sur la nécessité de consolider les partenariats avec les ONG, d’inventer de nouvelles alliances avec le secteur privé, et de mobiliser des financements innovants.

Quel est l’avenir de l’éducation sur l’agenda international ?

Enfin, les participants se sont interrogés sur l’avenir du soutien au développement de l’éducation en Afrique dans l’agenda international, à l’approche de l’échéance 2015. Les OMD ont focalisé les débats sur l’accès à l’éducation primaire. Il s’agira désormais d’élargir la vision au delà du cycle primaire pour répondre aux défis de la réussite et de l’insertion sociale et économique de la jeunesse.

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