Archive vidéographique de l'oeuvre multidisciplinaire « Les Raquetteurs soviétiques », telle que présentée à la salle d'exposition Gaétan-Blanchet, à Rivière-du-Loup.

Ce projet d'exposition explore les différences de lecture, de temporalité et de matérialité que l’interaction entre l’image fixe et l’image mouvement génère.
D’abord, cette œuvre est faite d’un dispositif de projection numérique qui superpose une animation par pixilation à un élément physiquement suspendu au mur. Cet élément est un dessin sur papier d’une dimension de 64 x 96 po., inspiré du film soviétique « Le Miroir » de Andreï Tarkovski.
La projection numérique présente, quant à elle, le geste créatif de l’artiste dans son œuvre. Ce dernier y est vu dans son atelier, en plan moyen, où il arbore son fétiche vestimentaire ; un blouson de cuir orange brûlé. Intégré au dessin par le dispositif cinématographique, il interagit avec les différents protagonistes de la composition en faisant apparaître au travers de phylactères une variété de pensées. Le rôle de ces interventions animées est d'ajouter une couche significative autrement absente dans l’image fixe.
Alors que le geste de l'artiste est présenté en une boucle immuable, ce qu'il crée et ajoute au dessin comporte de multiples variations. Tantôt « Papa a gagné », tantôt « Mère est morte », tantôt raquette, tantôt obus, ces mêmes bulles opèrent des retournements significatifs et incitent le regardeur a interpréter l’œuvre sous différents angles. Dans un premier lieu, ces variations rehaussent une lecture historique de l’œuvre, qui est induite par la référence aux archives cinématographiques soviétiques de la Deuxième Guerre mondiale. En second lieu, elle manipule le spectateur à regarder l’œuvre au travers d’une lunette culturelle, par son titre faisant référence au film de Michel Brault « Les Raquetteurs », et par l’intégration de fragments réellement appropriés de ce film documentaire à saveur sociologique.
Au demeurant, « Les Raquetteurs soviétiques » jouent sur l'ambiguité narrative qu'enfante la pratique collagiste. Elle prend ici forme grâce à la superposition de la projection d’une vidéo d’animation aux médiums statiques, qui ajoute à l’œuvre collagée l’ultime fragment ; le temps. L’image se révèle ainsi dans une durée, et offrent au spectateur une expérience perceptive bien contemporaine, entre la présence et l’absence, entre la fixation et la répétition, entre le résolu et l’insoluble.
- Samuel Breton

Loading more stuff…

Hmm…it looks like things are taking a while to load. Try again?

Loading videos…