RÉALISATION:::: Mirha-Soleil Ross
ARTIST DISTRO/Representation:::: Vtape.org

MUSIQUE:::: "Bright Blood" by Blevin Blectum (blevin.lsr1.com) + "mono wolf" by Emile Miroir Jr (aposcaphe.net/) + "otonowa" by Gallery Six (soundcloud.com/gallery-six) + "Dvorak - Serenade for Strings Op22 in E Major larghetto" by Advent Chamber Orchestra (freemusicarchive.org)

NOTES de parcours:

“Both unlettr'd clowns and monarchs have felt the muses '"secret power", but only the "bard," who is never clearly positioned, has the technique — "the art to tell.” - '[S]hak[ing] the dwellings of the great': Liberation in Joanna Baillie’s Poems (1790)

“The bard was a storyteller-singer who according to Keyes, chronicles history and transmits cultural traditions through performance.” - Rap music and street consciousness

" De là ces admirables Rythmo-mimiques que nous voyons se dérouler dans les milieux de Style global et oral pour mimer les choses incorporelles. Toujours nous voyons l'humanité à la recherche d'une explication de l'Invisible, mais nous n'aurons jamais une véritable explication. Ce sera toujours un « essai » d'une façon ou d'une autre. Ce sera toujours l'angoissant « comme si » du chercheur. "

"Certains de ces philologues livresques ont cru devoir « expliquer » l'expression gestuelle d'Ézéchiel tantôt comme un réflexe extatique, tantôt comme un procédé hérité des antiques magiciens, tantôt comme une question d'aphasie. Ces façons d'« expliquer » prouvent seulement que la grande loi primordiale de l'expression
humaine n'a pas été étudiée. On n'est pas aphasique quand, pour s'exprimer, l'on se sert du « Corporage », et
non pas du Langage oral, et que toute la gesticulation globale est obédientielle aux choses à exprimer. C'est cela que nous montrent à chaque instant les grands Nabis d'Israël et c'est cela que ne nous avaient pas expliqué nos exégètes d'hier. "

"Nous avons perdu le grand geste expressif. Nous nous contentons d'« algébrosèmes ». Même un mot comme
esprit qui est porteur du grand mécanisme gestuel du Roûhâ, du Souffle, nous en avons fait quelque chose d'éthéré, d'immatériel. Nous parlons de forces « spirituelles », de « spiritualité ». Mais où donc avons-nous
été prendre ces mots-là ? Quel est leur sens profond ? De quoi sont-ils pleins... ou vides ? Tous les mots qui ont trait à ce qu'on appelle les choses spirituelles viennent de cette grande théorie de l'Insufflation du milieu palestinien. Et voilà pourquoi nous étudions avec une attention religieuse tous ces gestes ethniques, car nous ne savons pas où commence le monde invisible et où commence le monde visible. Il y a une interpénétra
tion qui ne se comprend plus dans notre séparation actuelle du religieux et du laïc. La compénétration
de l'univers visible et de l'univers invisible qui est dans le Mimodramatiste et sa puissance créatrice aurait
besoin d'être rétablie dans toute sa fraîcheur et dans toute son activité."

« Ces traditions se passent de génération en génération avec une précision si surveillée que, dans certains milieux ethniques, quand un des Récitants-gestualisateurs a fait une faute, une « errance », ce que nous traduirions un péché, il est immédiatement « mis de côté » et ensuite « mis à mort », tellement il importe de garder l'exactitude, la fidélité, la vérité du témoignage par gestes.

L'Anthropos a, pour ainsi dire, vitalement cristallisé, dans son propre corps, le réel fugitif sous la forme de vivantes « Perles-Leçons » gestuelles, afin de le garder, de le porter et de le traditionner de génération en génération. Voilà pourquoi, dans toutes les civilisations vraiment vivantes et donc concrètes, nous avons ces traditionnelles « enfilades » de Mimodrames, « ordrés et comptés », qui sont leur histoire et non pas
notre art. Et si nous allions dans leurs cérémonies religieuses, ou mieux, traditionnelles qui nous sont presque toujours inaccessibles, nous verrions que le Geste et la Geste des ancêtres sont toujours portés sous ces formes mimodramatiques, quelquefois oralisées, mais pas toujours. Les traditions gestuelles sont aussi des documents sûrs et historiques.

Toute cette immense Mimodramatique, ce n’est pas fait pour être beau. C'est fait pour être vécu. C'est fait pour être mémorisé. C'est fait pour « informer » vitalement des êtres humains qui transmettront ce qu'ils auront reçu comme « information », selon le double sens si anthropologiquement : sûr de notre mot « informer ».

Marcel Jousse (1886-1961) :: L’Anthropologie du geste (1969)

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