Parti le 12 janvier 2011 en Haïti, mon but était de témoigner de la situation réelle du pays un an après le séisme du 12 janvier 2010. Je voulais rendre compte de l'impact de la catastrophe sur le pays. J'ai logé chez l'habitant, dans une famille de 8 personnes, dans le ghetto de Martissant à Port-au-Prince, pour être plus proche de la population.
Pour montrer l'ampleur de la situation, j'ai réalisé une série de photographies de paysages urbains et de portraits principalement dans la capitale Port-au-Prince.
Les textures sont des matières que j'ai prises en photographie sur des maison effondrées donc inhabitées (peintures, bois, agglo, béton, poussière...). Je réalisé des surimpressions avec les photographies de rue et de portraits pour accentuer les peurs du peuple, leur vie de souffrance, leurs angoisses, l'insécurité qui règnent dans les camps et les ghettos. Elles montrent un autre pays, une autre Haïti, modifiée à jamais. Brûlée, pillée, effondrée, ravagée, dévastée.
Certaines fissures présentes dans les images partent du ciel pour arriver au centre de la terre, comme dans la croyance vodou avec le poteau mitan présent dans le péristyle. Selon certains haïtiens, le séisme Goudou-Goudou serait arrivé parce que le peuple n'aurait pas assez fait d'offrandes aux Dieux.
Cet poteau désigne l'axe vertical indiquant la communion avec les esprits, avec les morts et les dieux, les «loas». Les vodouisants dansent autour comme s'ils voulaient raviver les consciences...

*Ayiti : chez les Taïnos (ethnies amerindiennes) Ayiti (terme créole) signifie "terre des hautes montagnes" ou "la montagne dans la mer" considérée comme distincte du groupe des Arawaks, qui occupait les grandes Antilles lors de l'arrivée des Européens au XVè siècle. Malgré leur quasi disparition au XVIè siècle, beaucoup d'Antillais, plus particulièrement des Cubains, Haïtiens, Portoricains et Dominicains continuent de se considérer comme Taïnos.

Loading more stuff…

Hmm…it looks like things are taking a while to load. Try again?

Loading videos…