La pratique multidisciplinaire de Sherri Hay englobe à la fois sculpture miniature et installation d’envergure, dessin, peinture, performance et vidéo, où priment subtilité, matérialité et minutie.

Des centaines de petits points roses en suspension clignotent au gré du vent : une apparition à la fois subtile et percutante dans le paysage. L’artiste s’intéresse ici encore au leurre et déjoue les certitudes du regard à travers les phénomènes de la perception. Le point de départ de sa réflexion est l’animisme, croyance selon laquelle tout ce qui existe (êtres vivants, objets, éléments de la nature) est animé par une force vitale et a sa propre conscience. Selon un article de l’écrivain, sociologue et critique littéraire français Roger Caillois sur le camouflage, les animaux se dissimuleraient moins pour fuir et ne pas être dévorés par leurs prédateurs – ce qui semble être une triste fatalité – que par empathie avec leur environnement immédiat. En ce sens, l’insertion minutieuse dans l’espace de 800 petits disques de métal – peints en rose fluorescent d’un côté et en vert forêt de l’autre – révèle une cohésion non hiérarchisée, sans domination esthétique entre les éléments, et cela, même s’ils incarnent des formes et une teinte industrielles, non organiques. Si ces cercles sont de différents formats, du plus grand au plus petit, de l’arrière vers l’avant-plan, l’ensemble provoque un effet de trompe-l’oeil, comme un écran suspendu annihilant pour l’espace d’un moment tout effet de profondeur. Le paysage devient alors parfois en mouvement, parfois arrêté, comme en suspens, dans l’attente mystérieuse d’un événement à venir.

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