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Nous avons appris le décès d’Yvon depuis plus d’une semaine.
Et depuis une semaine, les mots ne viennent pas !
Ecrire... c’est reconnaître la disparition de notre camarade et nous n’avions pas le coeur à reconnaître cela. Pas plus aujourd’hui qu’hier d’ailleurs.
Mais parce que nous savons l’importance de ce soutien, pour sa famille, pour ses potes, pour tous ceux ou toutes celles qui l’ont connu ou approché, nous couchons ces quelques mots.
Nous avons bien sûr une pensée particulière pour ses enfants et ses proches. Nous avons une pensée particulière pour nos compagnons de lutte de Sud Poste 92, toute l’équipe du syndicat...
Les mots sont une fois de plus superflus et ridicules. Le souvenir d’Yvon n’a pas fini de nous hanter.
A travers lui, c’est toute une génération de militant/es qui est frappée de plein fouet : l’engagement profond et quotidien dans les luttes, aux côtés du personnel et de tous ceux qui souffrent est souvent synonyme d’une force inébranlable qui semble faire de tous ces militant/es des rocs face à toutes les attaques de la vie. Yvon nous renvoie à nos propres doutes, nos propres faiblesses, tout ce que, les uns et les autres nous cachons si bien derrière nos engagements sans faille.
Yvon, dans un mouvement, pour nous qui n’étions pas dans le 92, c’était la garantie d’une force présente, tranquille, l’assurance que nous avions forcément raison d’être là, l’assurance que le mouvement allait faire mal et qu’il y aurait toujours des perspectives, même dans les pires moments de doute...
Yvon, dans Sud et dans son secrétariat, c’était le même feeling, l’assurance d’un travail sérieux et assidu... On se rappellera toujours cette maquette pour l’adhésion à SUD qu’il avait concocté jusque dans la nuit précédant un comité fédéral et où il avait eu le droit à une bordée de critiques sur la couleur d’on ne sait plus quoi... Yvon semblait s’en foutre... nous étions sur le cul !
Merde Yvon, t’aurais jamais du permettre à la goutte de faire déborder le vase ! On avait besoin de toi, tout le monde avait besoin de toi ! Et maintenant, on se dit, comme à chaque fois... « j’aurais du lui parler plus.... je savais qu’il allait pas bien, pourquoi j’ai pas pris le temps... pourquoi... j’aurais..... et si...».... trop tard !
On imagine sans peine la peine... votre peine... et si en ce moment tout est question de peine... dans le 92, on ne lâche pas l’affaire... comme vous. On sera présent dès qu’on le pourra... pour vous, pour ses enfants, pour nous.

Salut Yvon... on grave ton prénom et ton nom dans notre grand livre d’histoire militante et personnelle... le livre qui ne fait pas revivre, mais qui alourdit encore un peu la dette de ceux à qui nous feront payer au quintuple tous ces engagements sans limite qui finissent dans le désespoir et la solitude.

Comme d’habitude nous levons haut notre poing, très haut, en ton souvenir !

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  • Uploaded Tue January 12, 2010
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