Né en 1971 à Paris. Vit et travaille à Paris.

A l’âge de 12 ans Bruno Fert égare les albums photos que lui avait confiés sa
grand mère : plus de photos famille ! Depuis, il ne cesse de parcourir la planète
et d’en photographier ses habitants. Des sans-abris du pont de Brooklyn à la
seconde Intifada en passant par Kosovo ses reportages nous racontent avec
tendresse la vie de nos contemporains. L’humain est au toujours centre de son
travail même s’il n’apparaît pas toujours dans ses images. Ses images nous
parlent souvent d’identité et de son rapport avec l’espace géographique ou
intime.
Bruno Fert est diplômé de l’Ensad et membre du réseau Picturetank. Ses
images sont régulièrement publiées dans la presse. Il collabore également avec
des institutions et des ONG telles que le Ministère de l’Éducation nationale ou
Médecins du Monde.

En 1948, la création de l’état hébreu déclenche la première guerre israélo-arabe et l’exode de plus de 700 000 Palestiniens vers les pays voisins.

Que reste-t-il aujourd’hui de ces villages vidés de leurs habitants ? C’est pour répondre à cette question que je me suis rendu en Israël à la recherche de ces localités fantômes. J’ai localisé et commencé à photographier les vestiges de ces villages palestiniens effacés des cartes depuis plus de soixante ans.

Ce reportage est un voyage dans le temps : un retour aux sources de ce conflit et de la très actuelle problématique des réfugiés palestiniens. À la manière d’un détective, j’ai entrepris de retourner précisément sur les lieux où la discorde entre les deux peuples s’était transformée en guerre. Comme si revenir à l’origine me permettrait de mieux comprendre ce conflit. Comme si les réponses à mes questions se trouvaient encore là : au point de départ, là où l’exil a commencé, à la naissance de la fameuse question palestinienne.

Ce reportage a également pour sujet l’absence. Plutôt que d’aller photographier les réfugiés palestiniens dans les camps de Beyrouth ou de la bande de Gaza, j’ai choisi de m’intéresser à leur absence en Israël. Les sites que je photographie sont le plus souvent affranchis de présence humaine : du village palestinien de Kafr’Inan il ne reste que des pierres blanches éparpillées dans une vallée. Dans les faubourgs de la ville israélienne de Shlomi, une grande église abandonnée se dresse entre des usines et des entrepôts modernes. En périphérie de Jérusalem une vallée a curieusement échappé à l’urbanisation : une vingtaine de maisons abandonnées à la végétation bordent un large bassin de pierres. L’ancien village de Lifta est aujourd’hui au cœur d’une bataille juridique qui vise à empêcher la construction sur le site d’un complexe deux cents logements de luxe et d’un centre commercial. A Nétanya, d’étranges bâtiments en ruines occupent une bonne partie du parking d’un stade flambant neuf …

Dans tous ces lieux, l’absence habite véritablement le paysage jusqu’à en devenir le personnage principal.

Ce reportage retrace aussi les épisodes d’une guerre dont les suites sont aujourd’hui au cœur de notre actualité. Les sites auxquels je m’intéresse furent le théâtre de batailles et d’événements marquants dont les pierres gardent encore les stigmates. Ces paysages se déchiffrent lentement : ils recèlent leur passé, parfois caché dans des détails. Ces images révèleront au spectateur attentif les anecdotes qui façonnent l’histoire et les légendes de cette région.

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