A quelques kilomètres du Mont Saint Michel, il faut traverser la forêt de Villecartier en direction de Bazouges-la-Pérouze pour découvrir au beau milieu de la campagne des Marches de Bretagne la splendide bâtisse classique du château de la Ballue et de ses jardins.

Les topiaires de la cour d’honneur annoncent déjà le caractère maîtrisé de l’ensemble du domaine.

Ces jardins ont été dessinés dans les années 70 par Claude Arthaud et François Hébert-Stevens. Ils ouvrent comme par magie sur une véritable toscane bretonne.

Devant le bâti parfaitement classique se trouve un jardin de topiaires situé sur la très grande terrasse du parterre. Le tracé habituel du jardin régulier a ici été réinterprété et mis en volume par le biais d’un astucieux cubisme végétal exploitant l’illusion d’un immense jeu de société à ciel ouvert, aux volumes parfaitement géométriques.

Marie-Françoise Mathon poursuit aujourd’hui avec soin et enthousiasme le travail initié par les deux créateurs.

Jouxtant le jardin régulier, un autre univers fait de treize chambres de verdure attend le promeneur.

Le thème baroque de l’illusion va servir de guide à la promenade dans ces treize petits jardins. A travers une savante géométrie du désordre, leur disposition pousse le promeneur à se perdre au cours d’une visite qui devient ainsi une quête symbolique de la sagesse.
Trompe-l’œil, jardins d’eaux, labyrinthes verts, temples végétaux, architecture de buis et d’if, anamorphoses et bizarreries, le but est de proposer un enchevêtrement de parcours initiatiques où le promeneur se déplace pas à pas dans un labyrinthe d’allées n’offrant volontairement jamais de vision d’ensemble.
Il s’agit de modifier la perception ordinaire en perturbant les formes et les perspectives, c’est typiquement ici l’enjeu d’une mise en scène baroque de la notion même de jardin.

Le « Songe de Polyphile », traité maçonnique écrit au 16ème siècle par le moine domicain italien Francesco Colonna a servi d’argument principal à l’élaboration de ces petites scènes végétales où se cache à chaque fois une allégorie de la sagesse.

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