En 1974, Hélène Cixous, alors professeure de littérature anglaise à l'université Paris 8 Vincennes, crée un doctorat en études féminines. La « filière études féminines », bientôt consacrée « Centre de recherches en études féminines », est née. Pratiques pédagogiques, ouverture intellectuelle, traits spécifiques, tensions internes, tribulations institutionnelles et politiques: au fil d'entretiens réalisés entre 2012 et 2014 avec différent-e-s actrices, acteurs et témoins de cette aventure, se dessine un parcours singulier. Mais à travers cette histoire se raconte aussi l'émergence d'un nouveau champ d'études et de recherches — les women's studies dans le monde anglophone, les études féminines à Vincennes, les études féministes ailleurs—, à la faveur du triple bouleversement qui marqua les années soixante-dix du XXe siècle en Occident : bouleversement politique, avec l'essor des mouvements des femmes et des minorités sexuelles ; bouleversement épistémologique, avec les révolutions de pensée et les déplacements de points de vue qui les accompagnèrent ; bouleversement institutionnel avec l'invention de nouvelles disciplines et l'ouverture de nouveaux chantiers à l'université.
Cette "première période" des Quarante Vies du Centre d'études féminines et d'études de genre de Paris 8 retrace cette double histoire, depuis la création du Centre jusqu'à celle du master "Genre" au milieu des années deux mille, prélude d'un processus qui aboutira à la transformation du doctorat d'études féminines en doctorat d'études de genre en 2012.
Anne E. Berger

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