Le Pavillon Philips de l’Exposition universelle de Bruxelles (1958) est un exemple parfait d’imaginaire algorithmique mené au terme de son expérience. Commandité par l’industriel Philips à Le Corbusier, ce dernier lui répond: «Je ne ferai pas de façade Philips, je vous ferai un poème électronique. Tout se passera à l’intérieur : son, lumière, couleur, rythme. Peut-être un échafaudage sera-t-il le seul aspect extérieur du pavillon.» Un poème électronique — alors que les transistors n’apparaissent que dans les années 1960 ! — composé par Edgard Varèse et un parti architectural savamment développé par Iannis Xenakis, jeune collaborateur de Le Corbusier, bien meilleur mathématicien que ce dernier et musicien aussi (l’œuvre électro-acoustique de Varèse est précédée de «Meta HP»). L’acoustique devient ici «plastique». Les paraboloïdes hyperboliques travaillent en traction et en compression pour faire émerger une polyphonie tridimensionnelle à l’aune de la création musicale contemporaine. «Jamais ingénieurs et entrepreneurs n’avaient eu à se charger d’une construction composée exclusivement de paraboloïdes hyperboliques, de surfaces gauches autoportantes, le projet de Xenakis ne comportant aucun appui intérieur ni d’élément de support à l’extérieur. Il pousse à l’extrême les limites de son matériau de prédilection, le béton armé, alors qu’à l’époque, il ne disposait pas d’outils de modélisation autres que les tâtonnements et les essais parfois conclus par des échecs.» (Xenakis)

Images tirées de VEP: edu.vrmmp.it/vep/index.html

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