FISKING

Cela fait Plus de trente ans que je pêche. D'abord en eau douce ou je me souvient que c'est un retraité, monsieur Leprètre, qui parfois venait toquer aux carreaux pour demander la permission à ma mère de m’emmener à la pêche le lendemain. Je ne sais ce qu'il est devenu mais je me souviendrais longtemps de sa patience à m'enseigner son savoir, de la délicatesse avec laquelle il décortiquait les minuscules graines de chènevis qu'il allait présenter aux poissons, de jolis gardons pour la plupart, de ses conseils avisés et de son enseignement patient qui tenait en un mot : « regarder »

Jeune adulte j'ai vite été attiré par l'eau salée et par les poissons qui l'habite. Surtout par ce poisson roi qu'est le Bar. Fantasque et mystérieux, violent ou chipoteur, méfiant ou aveuglement agressif. C'était alors les balbutiement de la pêche au leurre de ce poisson. J'utilisais des cannes a carpe, et des leurres de surface. Pêcheur fantassin je ne me lassais pas d'arpenter les chemins de douanier, de descendre sur ce rocher prometteur, là, tout en bas. Souvent seul j'y trouvais une plénitude qui me donnait l’énergie pour affronter la ville, un carburant pour ma vie de tout les jours.

Puis vint Tom, mon fils. Avec lui je découvrais une autre façon de me nourrir, de grandir a ses cotés.

Dés qu'il fut en age de tenir une canne on allait sur le canal a coté de la maison agacer quelques perches et brèmes à l'aide de ver de terre duement délogés de mon potager.

Quand il eu les jambes assez solide je l’emmenais avec moi courir les grèves. Et parfois bivouaquer sur des petites iles de cette Bretagne nord que j'aime tant. C'était un peu l'aventure, un parfum de davy croket, ou de Thoreau. Ces parties de pêche étaient l'occasion pour nous de resserrer encore plus ces liens qui nous unirait a jamais.

Puis, il y a 5 ans maintenant je découvrais le kayak, et le champs de mes possibles s'étira a l'infini.

Quel meilleur outil pour la pêche ? Discrétion, maniabilité, silence. Mais aussi respect et méfiance pour cet élément liquide. On est peu de chose assis ainsi sur l'eau, cela nous remet à notre vrai place.

Je ne tardais pas à acheter un second kayak, d'abord, je le pensais destiné à des amis, puis ce fut l'évidence, celle à laquelle je n'osais croire, ce serait celui de Tom.

S'enchainèrent alors les bivouacs, plus particulièrement sur une petite ile des cotes d’Armor, L'ile d'Er. Une ile douce et hospitalière au milieu d'un chaos de roches. Une ile aux lumières changeantes, à la beauté aride, seulement habitée par quelques chèvres et boucs. Dont Tom a peu peur d'ailleurs.

C'est un de ces bivouacs que j'ai envie de filmer. Je l'avoue, d'abord et surtout pour moi et lui, pour graver un peu plus profond dans la roche de notre amour notre histoire père fils. Et puis aussi par ce que j'aime raconter des histoires, et que celle ci est belle, pour longtemps.

Une histoire de pêche, de complicité avec la nature, d'un père et de son fils, une histoire d'homme en quelque sorte.

"Father and son" english version: vimeo.com/50984269

j vimeo.com/49169904

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