Voyage - Travel group / Documentaire : les Aït Ouzighrimts - le paradoxe du Maroc
Les Aït Ouzighrimts :Bientôt sur vos écrans....
Prononcer Ouzirimt car le « gh » se prononce »r ».
Les Aït Ouzighrimts sont des berbères, anciens touaregs qui se sont sédentarisés dans la vallée du M’goun, au sein de la chaîne de montagnes du Haut Atlas marocain, il y a environ trois siècles. J’ai découvert les habitants de cette vallée durant l’été 2009, période de grande activité d’agriculture et de moissons. A mon retour et après des recherches infructueuses sur cette communauté, j’ai décidé de vivre avec eux la période la plus froide et la plus austère de l’année, le mois de janvier, afin de mieux les connaître. J’ai donc monté une expédition avec le soutien de mon ami Brahim Ben Ichou, guide local indépendant. Sans sa maîtrise technique de guide de haute montagne, sans sa connaissance de cette région et de ses habitants, ce projet n’aurait pas pu voir le jour.
Les images de ce recueil racontent mes rencontres avec les Aït Ouzighrimts.
Cette communauté est totalement isolée durant les six mois d’hiver, car aucune route ne permet l’accès à la vallée qu’ils occupent, malgré les promesses du gouvernement marocain.
La vallée Ouzighrimt se situe entre le col de Tizi Aït Imi - versant Bouguemez au nord - et le col d’Imi Nirkt et Tizi Aït Ahmed - versant sud, donnant sur la vallée des roses.
Durant l’hiver il est impossible de quitter cette vallée par les Gorges du M’goun car l’eau est glaciale, souvent gelée ; ainsi, seuls les deux cols permettent la sortie lorsque les conditions climatiques sont favorables.
Quatorze villages Ouzighrimt sont construits sur les flancs de la vallée, le long de la rivière M’goun, ce qui représente une population d’environ 2800 personnes.
Peu d’Ouzighrimts savent lire et écrire le berbère et l’arabe. Il n’y a pas d’école dans la vallée, pas de dispensaire ni de pharmacie, pas de médecin, pas d’électricité ni d’eau courante.
Il n’y a pas de sage-femme pour assurer les accouchements, les femmes expérimentées sont appelées pour assister les jeunes mamans pour la naissance de leur premier enfant. D’après le recensement de 2002, trois accouchements sur dix aboutissent au décès du nouveau -né ou de la mère. Un problème de santé qui pourrait être bénin dans les grandes villes ailleurs peut entraîner la mort dans cette vallée, surtout pendant l’hiver.
Durant tout mon séjour, les Aït Ouzighrimts n’ont cessé de réclamer du gouvernement marocain les aménagements minimums leur permettant de vivre en sécurité et dignement : une route, des maîtres d’école, un dispensaire et des médicaments, des citernes pour distribuer l’eau dans les villages…
Je souhaiterais que mes images contribuent à faire entendre leurs messages et que les Aït Ouzighrimts ne soient plus des berbères oubliés.
The Aït Ouzirimts are Berber, Tuareg elders who have settled in the M'goun valley, in the mountains of the High Atlas of Morroco, about 3 centuries ago. I found the people of this valley during the summer of 2009, a period of great activity and agricultural crops. After fruitless searches on this community, I decided to live with them during the coldest and most austere seanson of the year, the month of January, to know them better. So I organise an expedition with the support of my friend Brahim, independent local guide. Without his technical mastery of a mountain guide, without is knowledge of this region and the inhabitants, this project would not have been possible.
This community is completely isolated during the 6 months of winter, because no road provides access to the valley, despite promises from the Moroccan government.
Only a few Ouzighrimts know how to write or read Arabic and even Berber. There is no school in the valley, no hospital, no pharmacy, no doctor, no electricity or running water.
There is no midwife for childbirth, women experienced are called to assist young mothers for the birth of their first child. According to the 2002 census, 3 births in 10 lead to the death of the newborn or the mother death. A health problem that could be benin in our cities can cause death in this valley, especially during the winter.
Francis Frenkel, février 2010.
Camera ; Canon 5D Mark II - Z-finder Zacuto
Lens : Canon 16 - 35 f,2,8 USM II - Canon 50mm f:1,4
Editing : Sony Vegas 9 Pro
Music : Aït Ouzirimts traditional songs