Helena Cueto.cie flamenca

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Le Flamenco est né de la voix gitane andalouse, elle-même née du croisement de plusieurs cultures qui coexistaient en Andalousie (arabo-musulmane, juive, gitane, chrétienne…), exprimant les peines quotidiennes d’une vie dure et amère, mais aussi des joies lors des festivités familiales. La guitare, instrument espagnol, a par la suite ponctué les mélodies du 'cante jondo' (chant profond), et la danse ('baile'), instrument d’expression corporelle, est venue y improviser des gestes parfois lourds et profonds, ou bien rapides et festifs, significatifs des sentiments évoqués.
Cet art populaire s’est répandu en Espagne depuis le 18e siècle, et est aujourd’hui reconnu comme un Art de renommée mondiale, classé depuis 2010 comme Patrimoine Culturel Immatériel de l’Unesco. Cependant, le Flamenco a toujours évolué avec son temps, au travers des siècles et artistes qui ont forgé sa réputation.

Néanmoins, ce qui est appelé aujourd’hui tradition ('flamenco puro') a été, auparavant, une avant-garde, dont Carmen Amaya, Vicente Escudero, Mario Maya, Concha Vargas, entre autres, étaient les précurseurs, et sont aujourd’hui considérés comme figures importantes du 'baile' traditionnel flamenco.
Lorsque le 'baile' est apparu, dans sa forme encore instinctive, il évoluait alors dans des petits espaces, bien loin des grands théâtres, cherchant alors à extérioriser les sentiments évoqués par le 'cante jondo' dans la verticalité du geste ('braceo', mouvements des bras, et 'zapateado', mouvement et rythmique des pieds).

« La grandeur de l’espace se trouve, selon moi, au-dessus et en-dessous de mon corps, et est mis en valeur par l’extériorisation de l’infini des sentiments ressentis au plus profond de mon être, dans mes entrailles. Le baile ne peut exister sans la force du cante jondo, qui, par la poésie de ses letras (couplets), me transporte dans un monde où tout ce qui y est exprimé devient réalité, une réalité tellement pesante, qu’au moment de l’interpréter je me livre, m’abandonne, au gré de ce que j’éprouve. Comme le disait Tía Añica la Piriñaca, grande 'cantaora' du siècle dernier : 'cuando canto a gusto, me sabe la boca a sangre' (“lorsque je chante avec envie, j’ai le goût du sang dans la bouche“) ; il en va de même lorsque je danse. »

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Les sentiments qui se dégagent du 'cante jondo' sont simultanément interprétés par la danse, comme une relecture des mots par le corps, effaçant ainsi toute barrière linguistique et/ou musicale. Ces sentiments sont universels: la solitude, la mélancolie, la douleur, mais aussi l’amour, la joie, l’amitié… Le 'baile' est comparable à un jeu d’acteur, articulant ses mots par des mouvements de poignets, et des frappes de pieds, créant ainsi une réponse aux 'letras' (couplets poétiques) du 'cante jondo' par des paroles et percussions corporelles. C’est d’ailleurs en cherchant à exprimer ces sentiments, par le 'cante', le 'baile' ou le 'toque' (guitare flamenca) qu’apparaît le duende, source d’inspiration comparable à l’état de transe.

Helena Cueto.cie flamenca présente, par la musique, la danse, mais aussi par les mises en scènes de ses spectacles, un Flamenco actuel, qui réunit toutes les caractéristiques du Flamenco traditionnel qui perdure au travers des générations, mais qui sait aussi s’ouvrir et se développer au regard des autres domaines artistiques, musicaux et dansés.

« L’imagination c’est, en quelque sorte, se servir de la mémoire et du souvenir pour créer la nouveauté. Lorsque je créé une chorégraphie, je me réfère toujours à la forme primitive du flamenco. Je fonde mes pas à partir d’improvisations réalisées sur le cante et la guitare, de façon à garder toute l’authenticité de la tradition flamenca. Mon baile est donc le fruit d’une improvisation contrôlée, et exprimée en totale corrélation avec les musiciens et chanteurs.
Etre ‘bailaora’, selon moi, c’est savoir s’exprimer avec intensité, personnalité et humanité sur le cante, les phrases mélodiques de la guitare, le rythme, mais aussi le silence, parfois trop souvent effacé. Ecouter la respiration du cante m’aide à respirer avec lui, et à extérioriser ce qu’il me fait ressentir. Parfois le plus geste le plus simple peut être le plus émouvant, s’il est sincère et viscéral, tout comme le fut la naissance du flamenco, la naissance du cante jondo. »

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