Tony Melvil

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Georgios Kyriákos Panayótou aurait-il eu carrière aussi flamboyante s’il avait chanté sous son vrai nom ? Rien n’est moins sûr. Quid alors de Claude Dhotel, Moshé Brand et Yvan-Chrysostome Dolto ? A défaut de s’inspirer de leurs œuvres musicales, Tony Melvil possède au moins un point commun avec George Michael, C.Jérôme, Mike Brand ou même Carlos : le pseudo. Ne l’appelez donc plus Etienne Villeminot mais bel et bien Tony Melvil, étrange anagramme aux allures de gangster de comptoir alors qu’il est pourtant question, ici, de chanson française.

Doit-on s’inquiéter de la santé mentale de Tony Melvil ? Assurément, non. Ce serait nier l’évidente distance qui tient à l’écart les mots qu’il choisit aux tourments qu’ils enrobent. Son premier disque, que l’on aura l’élégance de ne pas qualifier d’EP, n’aurait sûrement pas déplu à Desproges, lui qui considérait le rire comme « la politesse du désespoir ». Car si les chansons de Tony Melvil s'inquiètent pour la plupart de l'insondable thème de la vie après la mort, elles possèdent l'ironie et le flegme nécessaires pour nous confronter à la question un peu plus terre-à-terre de la vie avant la mort. « Hommes, vaches, même folklore », nous fait-il constater depuis ce « Wagon à bestiaux » dans lequel nous sommes tous embarqués.

Tony Melvil est donc coupable. Sur ce disque âpre et instinctif comme sur scène où il fait semblant d’être sage. Méfiez-vous de lui et de la journée lumineuse qu’il peint dans « Je m’allonge ». Et que penser, monsieur le procureur, de cette litanie de sentiments douteux qu’il livre à cette pauvre « Emilie » ? C’en est trop. Qu’on l'enferme pour ce flagrant délit de poésie, cet abus de lucidité, cette série de meurtres par plume à bout portant. Jetez-le dans la même geôle qu’Alexis HK et Bertrand Belin et, surtout, ne baissez jamais la garde. Tony Melvil n’en est ni à sa première, ni à sa dernière tentative d’évasion.

Geoffrey Sebille