[..]Avec Chambre Claire, Pierric Favret transpose le questionnement barthésien sur le sens de l’image mécaniquement reproduite en lui opposant un écran vide, un film sans images. Ici, la métaphore de la réalité sort de l’écran pour se prolonger dans le dispositif qui inclut celui-ci dans un simulacre de salle de cinéma reconstituée. Inspirée de Scénario Passion, l’œuvre propose une narration sonore, le récit d’un réalisateur qui s’interroge sur un film en devenir. Entre intimité de la confession et fiction en cours d’élaboration, la voix off de l’artiste-réalisateur propose une narration à double sens, jouant à la fois sur la mythologie de la création (le doute de l’artiste au travail, le cliché de la page blanche) et sur l’évocation d’un glamour très cinématographique (la rencontre avec une femme, le lien avec l’amour). L’histoire racontée et l’attente de l’histoire à venir (celle qui sera racontée par le film imaginaire) se superposent à l’absence des images. Un troisième degré de fiction est amené par la performance qui met en scène un casting, celui-là même annoncé par la voix off dans Chambre Claire. Documentée par une vidéo, la performance rendrait plausible la possibilité d’un film si elle n’était elle-même une mise en scène, où le réalisateur se fait comédien, où la figure de l’artiste-performer reprend le dessus pour dénoncer la fiction[...]

Extrait d'un texte de Virginie BOBIN

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