2000 05 14, dimanche
Cotonou, Vodjè-Kpota

Le groupe Agbadja Zomachi a été créé initialement à Comé, petit village à une heure à l’ouest de Cotonou, et s’est reformé avec l’arrivée de plusieurs membres du groupe venus tenter leur chance en ville.

Dimanche après-midi, soleil de plomb, nous arrivons dans la maison, celle d’un menuisier, où a lieu la répétition hebdomadaire du groupe. Une quinzaine de membres sont réunis. Cyriaque Édoh, le chanteur principal, nous accueille chaleureusement. On balaye les copeaux de bois et le groupe s’installe dans la petite cour. Chacun prend sa place et son instrument. “Olémédio !” lance Cyriaque et tout le groupe répond: “Oh !”. La musique commence. La cloche retentit, suivie par le va-et-vient de trois hochets. Les deux petits tambours sont frappés avec des baguettes. Le gros est joué à la main, il souffle ses basses puissantes.

Une choriste se lève, attrape au passage le bras de celui ou de celle qu’il entraîne au centre pour partager une danse. Face à face, les danseurs attendent un signal du tambour et, soudain, avancent à petit pas, courbant le dos, bombant le torse convulsivement. Après un aller-retour, chacun désigne celui qui le remplacera par un appel des plus explicites: “il lui jette sa force”. Un coup d’œil sur son cahier et Cyriaque annonce le prochain chant. Les morceaux s’enchaînent, les choristes s’enflamment, les dialogues des tambours s’enrichissent.

Par la suite, nous rencontrerons Cyriaque à maintes reprises, ici dans la maison familiale ou chez lui, isolé au milieu des marais de Cocotomey pour échapper à la folie urbaine, ou encore au hasard d’une rue de Cotonou* chevauchant sa mobylette avec une chemise jaune de kékénon.

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