Quiconque a vécu un printemps montréalais vous dira qu’il s’agit d’un moment assez unique. Le
fond de l’air demeure froid en cet après-midi alors que je rencontre Hôtel Morphée au Divan
orange, salle incontournable pour la scène locale. Les musiciens ont les traits tirés, revenant
tout juste de livrer leur rock orchestral hors de la ville. Ça ne les empêche pas d’installer violons
et contrebasse et de s’échauffer.

Rapidement, on souhaite se diriger vers un nouveau lieu de tournage inspirant. C’est un paysage
familier qui s’impose : le chemin de fer qui divise le Mile End et Rosemont, lieu entre deux
époques, zone tampon entre la ville d’aujourd’hui et son passé industriel.

Dehors, le soleil, les nuages et la pluie glacée se chamaillent alors que nous errons à la
recherche du site idéal. Mais c’est ça, le printemps québécois. Le moindre espoir d’un bel après-
midi nous tire de nos appartements. La moindre accalmie sonne l’heure de la fête. Et dans une
telle atmosphère, les face-à-face qu’on y fait sont pour le moins intéressants.

En plein coeur de nulle part, Hôtel Morphée est invité à jouer par un groupe d’artistes
anglophones. Les premiers discuteront laborieusement avec leur anglais fragile. Les seconds
ne comprendront sans doute rien à la chanson. Mais la musique, elle, fait son chemin tout
naturellement.

Rencontre fortuite entre deux trains.

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