Moving, Création chorégraphique 2019 de la Cie Nmara
Chorégraphie : Nassima Moucheni
Scénographie/vidéo/lumières : Thomas Pénanguer
Danse : Nassima Moucheni/Paola Maureso/ Lise Avignon
Création sonore : Nassima Moucheni
Trois corps chorégraphiés par Nassima Moucheni sont plongés dans un espace immersif d’images et de sons. Trois danseuses qui vont faire l’expérience de la complémentarité. Tantôt pleines de force, tantôt rencontrant des difficultés. Elles partagent et réagissent à leur instinct, s’organisent socialement pour trouver l’équilibre chorégraphique. L’univers scénographique est composé d’un tulle de projection qui partage le plateau en deux de cours à jardin et de jeux de lumière qui découpent l’espace. La vidéo réalisée par Thomas Pénanguer évoque des espaces en mouvement, des images de rues qui défilent d’un pays à l’autre, mais aussi des jeux de captation gestuelle et de démultiplication du mouvement. La création sonore transforme l’atmosphère, nous fait voyager par les sons et les voix d’origines différentes. Parfois c’est le texte qui surprend comme extirpé de la bouche d’un danseur ou accompagnant une scène onirique. C’est un univers où l’on se pose la question du mouvement des corps, des images, des sons, des langues, des sensations et des relations. Ce qui nous anime est il dehors ou dedans?
Avec Moving, la Cie Nmara aborde une nouvelle phase de travail. Très sensible aux notions d’identité, la chorégraphe Nassima Moucheni invente ici un espace de recherche pour trois corps dansants. Suite à une experience personnelle, elle interroge par la danse les notions de mouvement, de la contrainte à la liberté de ces derniers. Quand le corps montre des signes de transformation, dans le cas d’une maladie par exemple, le mouvement prend un sens différent, il devient l’écho d’une histoire interne invisible et il s’étend à l’extérieur. Il tend également à transformer l’image qu’a le monde de ce corps. On prend conscience de la fragilité que revêtent les gestes, qu’ils soient réflexes ou réflechis et combien ils sont essentiels dans notre rapport au monde. Merleau-Ponty affirme que ce n’est pas seulement le corps mais l’âme également qui crée du mouvement.
Au terme d’une recherche approfondie la Compagnie Nmara questionne tout ce qui affecte, de l’interieur ou de l’exterieur, le corps dans son mouvement, que ce soit physique, émotionnel, empirique ou conceptuel. Le postulat de départ est de s’interroger sur ce qui bouge. Mais aussi sur ce qui semble immobile, ou plutôt en phase de repos, en attente du mouvement suivant. Car le mouvement est avant tout une affaire de perception.
Si le terme mouvement fait référence à un déplacement dans l’espace, il évoque aussi les changements d’état. C’est le passage d’un terme à l’autre, de quelque chose à quelque chose. C’est un acte de puissance qui introduit un changement. Car le mouvement constitue pour l’homme l’expérience la plus fondamentale et la plus quotidienne de son rapport au monde. Mais pour qu’il soit perceptible faut-il qu’il se rapporte à l’immobile ? Le mouvement n’est-il perceptible que par la conscience du temps qui s’écoule ?
Faut-il, pour apprécier la capacité de créer du mouvement, avoir ressenti l’incapacité, la fragilité du corps et son caractère imprévisible ?
Le mouvement constitue également l’expression d’une relation à l’autre, tantôt actif tantôt réactif, il matérialise le lien intangible tendu entre soi et l’autre dans un jeu d’échanges, de transmissions ou de pouvoir.
Nous vivons le mouvement des peuples, des nations, des guerres, des révolutions depuis toujours.
Pourquoi bouge-t-on ? Pour ne pas être une cible ? Pour rester en vie ?
Cette création est au croisement de plusieurs disciplines (la danse, la littérature, le théâtre, la vidéo, la création sonore).
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