Avec La Scène, j'ai souhaité proposer un regard sur la mécanique de l'exploitation musicale de nos jours. Le résultat est un essai documentaire pseudo-poétique qui tente de définir le schéma type de la production d'un tube pour rassembler les foules et vendre.

J'ai voulu faire le portrait d'artistes en les rapprochant entre eux, sans barrières de genre, ou au contraire en les opposant quand les styles semblent proches. Ce documentaire était pour moi un moyen de montrer la "non musique", le son purement commercial au sens de produit, en dépeignant le quotidien de réels musiciens ou de simples passionnés. Montrer le moins par le plus, redéfinir l'art musical dans la composition, la réflexion, la démonstration.

Au cours des 10 minutes de film on passe d'un univers à l'autre. À peine découvre-t-on un musicien qu'on le quitte déjà et des fois on ne perçoit même pas sa musique. J'ai fait ce choix d'autocensure, de zapping, pour peut être donner envie au spectateur de s'intéresser en profondeur aux mélomanes, d'aller écouter leurs compositions, de partir à leur rencontre, d'étudier les différents courants qui forment / ont formés leur art. Pour moi les artistes n'ont pas la parole dans notre société, je les représente sans, on entend à aucun moment leurs voix, leur discours. La musique classique qui retentit à la fin rassemble les artistes entre eux et avec le public. (c'est également un point de vue personnel sur le fait que le côté élitiste de la musique classique, académique, s'est transféré sur certaines vagues de la musique dite moderne comme le metal).

J'aime voir la musique comme un langage auquel chaque dit style est un dialecte en plus, une culture, une entité qu'il nous faut travailler pour acquérir sans jamais (dans la mesure du raisonnable) y mettre de limites. Écouter plusieurs styles de musique c'est connaître plusieurs langues et savoir les lier entre elles, les musiciens le savent bien. Mais aujourd'hui malheureusement quand quelqu'un déclare 'écouter de tout' c'est souvent qu'il n'écoute de rien. Il possédera au mieux une playlist très variée allant d'AC/DC à Run DMC mais n'en aura que les tubes. Jamais il ne sera capable de situer un courant ou d'en cibler l'idée. Hors écouter de la musique c'est s'imprégner de tous ces éléments et la vivre. Il faut en être une partie quasi-intégrante si on veut prétendre la "connaître".

Ce film ne contient qu'un infime échantillon de ce que peut produire la musique moderne. Sur mes plus de 10 heures de rushes j'ai voulu être concis et tenter de représenter le mieux que je pouvais l'universalité de l'art musical. Les musiciens sont soit en accord ou en total désaccord avec ce que présente la narration. Certains sont à chemin vers les maisons de disques quand d'autres sont reclus.

Les musiciens par ordre d'apparition
⚫ A Call to Sincerity : facebook.com/acalltosincerity
⚫ I the Omniscient : facebook.com/itheomniscient
⚫ Marioprod
⚫ Deep Lovin'

Un grand merci à tout ceux qui ont permis de rendre ce projet réalisable et un grand salut à Chris Marker sans qui je n'aurais jamais traité le sujet ainsi et sans qui la profondeur du genre documentaire sera sans doute restée étrangère à mes yeux.

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