J’envisage ce solo comme un monologue intérieur à la narration sans signification, un fil qui se déroule
dans le temps, sans coupe ou création d’images fixes: tel un flux de conscience .
À la manière du monologue intérieur de Molly clôturant Ulysse de James Joyce, j’invente
chorégraphiquement et mentalement un courant de conscience, un langage qui m’est propre, tout
en étant traversée et influencée par les écritures du romancier Lutz Bassmann et du poète Charles
Pennequin.
Le «je» n’est plus forcément moi-même, ni un personnage, mais il se laisse traverser par toutes les
possibilités d’interprétation: il est trouble et poreux.
Ce flux de conscience mental m’aide à atteindre ce que je nomme la traversée des états.
Influencée par la danse butô, je cherche à vivre un état émotionnel ou corporel plutôt qu’une forme.
Je propose ainsi une réduction du mouvement: less is more . M’intéresse non pas la forme ou la
narration d’une chorégraphie mais le langage chorégraphique en lui-même, la naissance du geste et
son déploiement dans l’espace. Je ne montre pas la danse ou un geste, mais l’offre, la déverse sur le
public. Nous participons ainsi à une expérience commune.
En reprenant les termes du poète Francis Ponge (1899-1988), je souhaiterais danser, être présente sur
un plateau «de manière intensément basse».

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