Lamborghini Gallardo IMSA-LP560-4 GTV...
Le rêve commence en un lieu où les cauchemars n'ont pas leur place.
Une Lamborghini Gallardo IMSA-LP560-4 GTV... , baignant dans une lumière irréelle, dont l'oeil exercé saisit sans mal le caractère permanent.
Tel que je le décris, ce lieu d'une blancheur quasi inquiétante peut paraître cauchemardesque à certains, voire certaines..., mais en fait il n'en est rien.
Le regard que j'y promène n'est pas inquiet, mais indifférent, de cette indifférence tranquille que l'on éprouve envers les objets sur lesquels nos yeux se posent et qui ne vous disent strictement rien, car il n'y à rien à en entendre, puisque ce ne sont que des choses sans vraie vie.
Vous, qui me lisez, la bave aux lèvres en attente de ma narration écrite (car normallement les narrations sont orales, comme les fellations)... d'une N'ième aventure semi-sexuelle..., l'immaculé de cette vision éphémère (qui en réalité durera aussi longtemps que je paierai les coûts de mon serveur, l'adresse DNS et autres frais inhérents à l'internet, coté webmaster), doit vous choquer si vous êtes habitué à la laideur urbaine qui tapisse les couloirs, les rues et les édifices où vous évoluez quotidiennement... et que vous connaissez par coeur..., particulièrement le wagon qui vous transporte matin et soir, dont vous pourriez sans fin décrire les nuances de gris et noir qui le composent, sous l'éclairage malsain d'ampoules de lumière morte...
Dans ce wagon, le trajet n'existe plus vraiment, il est un temps d'attente nécessaire avant d'arriver à votre but, qui n'en est pas vraiment un, plutôt un passage obligé pour survivre...
Car est-ce vraiment vivre de tant souffrir pour n'en avoir que miettes, à peine plus de mille euros, moins vos frais et tickets.
Seules quelques secousses et le bruit prolongé du grincement des roues sur le rail vous rappellent que vous êtes en mouvement, détail qui a dû avoir un jour son importance, mais à ce moment-là, vous n'y repensez pas.

Et maintenant c'est le soir et comme vous me lisez, c'est que vous avez un ordinateur, à moins que vous surfiez au bureau qui vous emploie, en quel cas c'est encore le jour dans la nuit du quotidien...
Alors..., à quoi devez-vous donc penser à la vue de cette maison blanche de milliardaire..., à la vue de cette Lamborghini blanche d'un quart de million d'euros..., à la vue de cette jeune brunette sexy de 33 ans qui ne semble pas devoir balader mômes hurlants et charriot à courses... dans le dédale des rayons d'un Carrefour ?
Je vous pose cette question, parce que je me la pose aussi...
Il y a un tel décalage...
Notez que...
J'aurais pu vous présenter la même voiture, mais noire, dans un décor de fin du monde, crade et pouilleux, et rhabiller la jeune brunette sexy en Gautier, toujours hors prix, mais plus en phase "destroy"...
Alors, ça changerait quoi d'autre qu'une illusion ?
Je rêve souvent de wagons... et ils ont toujours le même aspect, généralement pire que celui que l'on trouve ordinairement dans la vie réelle.
Ils sont gris, ternes, sales, un peu comme le métro new-yorkais que l'on voit dans des vieux films américains, mais ils sont souvent sombres, avec les parois noires et luisantes.
J'y suis toujours seul, avec une autre femme entre deux âges, habillée de noir, les cheveux relevés en chignon et couverts d'une petite coiffe noire sans bords, d'où pend un petit voile qui semble adoucir devant ses yeux l'austère spectacle des parois du tunnel défilant à toute vitesse en sens inverse..
Ce qui se passe entre elle et moi varie à chaque fois, mais le wagon est toujours le même.
Il arrive qu'une ampoule dénudée pende du plafond, éclairant nos silhouettes respectives d'une lueur blême tout en agressant la vision par son filament à nu...
Alors, pensez-donc que doit être le bonheur de se réveiller dans cette maison blanche, de pouvoir s'envoyer au septième ciel avec cette jeune brunette sexy, puis de décompresser en compressant le monde au volant de cette Lamborghini...
Rêvez, ça ne coûte que les désillusions du réveil...

Après une première mouture de la Gallardo parfois critiquée comme un peu trop fade, Lamborghini a répliqué l’année dernière (2008) avec une nouvelle LP560-4 aux faux airs de Reventon, beaucoup plus agressive.
Mais ça n’était toujours pas suffisant pour les Allemands d’IMSA, une boîte de Tuning aux tarifs mirobolants, décidemment très en forme lorsqu’il s’agit de modifier une auto originaire de Sant’Agata Bolognese... et voilà maintenant la nouvelle LP560-4 GTV sous tous les angles.
Sous le capot, les changements restent rares et seul un nouvel échappement permet de faire passer la puissante totale à 590 chevaux, soit une augmentation de 5%.
Le couple quant à lui, augmente de 4% et culmine désormais à 560 Nm.
Évidemment, le plus gros des modifications est d’ordre esthétique.
La Gallardo reçoit un kit carrosserie très imposant avec des passages de roues élargis et équipés d’ouies, le spoiler avant est plus massif encore et la poupe est carrément munie d’un gros diffuseur en fibre de carbone en plus d’un aileron.
IMSA appose également de nouvelles jantes au dessin un peu difficile à porter et appose sa griffe à l’intérieur avec quelques touches dans l’habitacle et de nouveaux sièges baquets.
Le tout pour un paquet d'euros, totalement disproportionné eu rapport à la valeur intrinsèque du bestiau...
C'est fait pour les "ceusses" qui possèdent le décor et n'ont nul besoin de venir le regarder sur un site web...
CQFD...

Les souvenirs sont parsemés d’empreintes regrettables, de visages auréolés de vide, de tâches de pleurs et d’autres sentiments agglutinés.
Qui osera dire, au moment où tout est à apprendre, que chaque tentative de vivre autrement éclaboussera votre âme d’une mémoire accablante, cabossera votre cœur au point d’en assourdir les battements lorsque vous serez parvenu à la moitié de votre vie, de vos passions écorchées, de vos bonheurs délavés ?
Ce sont les automobiles qui m’ont enseigné la désespérante solitude de la vanité et de la vacuité, souvent inhumaine.
C'est comme la douceur d'une peau, la chaleur d'un être, le froid mortel qui succède à son absence.
Sans initiation à la chaleur, que peut-on comprendre au froid ?
Toute une vie est un un jardin de volupté, où l'amour s’effeuille un peu, beaucoup, pas du tout, c’est si triste, les pétales arrachées.
Ne pas penser à la folie défoliante de l’orgueil, qui étouffe en terrain conquis, qui se révulse à l’idée de fleurir en fertilité rayonnante.
Les humains aiment les fleurs, seulement quand leur beauté est déracinée, taillée, domestiquée, assujettie.
Pourquoi ?
Pour rien, comme ça.
Pour se sentir exister.
Pour faire pleurer les autre, pour se repaître entre leurs larmes de la souffrance qu’ils infligent, pour nous voir enfin à genoux, comme si on n’y était pas déjà..., se valorisant à nos dépens, nous imposant leur catharsis mortifiée, leurs conjurations égoïstes et sacrificielles.
Tout cela n’est que théâtre, grand guignol, comedia dell’arte, ces engins de rêve ne sont que des fossiles en puissance !
Quelle éternité idéale compensera le gâchis de cette hécatombe ?
Mais que soit...
Je ne vais pas vous laisser vous suicider sans vous avoir emmené faire une balade !

Ah, l’Emilie Romagne, ses campagnes, ses tracteurs, une rivalité digne de Don Camillo et Peppone entre Ferruccio Lamborghini et Enzo Ferrari, née de l’embrayage récalcitrant d’une 250 GT.
Un folklore qui tient autant à la genèse de la marque qu’à la succession de propriétaires jusqu’au rachat par le groupe VW en 1998, aux modèles qui ont marqué leur époque, comme la Miura ou la Countach.
Lamborghini est toujours là, après presqye 40 années..., porte-drapeau de l’automobile extravertie.
La Gallardo marqua en 2003 le retour de la marque à un modèle d’entrée de gamme, le terme peut paraître abusif, délaissé depuis les fameuses Urraco et Jalpa.
Reprenant les tendances de style de la Murcielago apparue deux ans plus tôt, la Gallardo conjugue avec brio une certaine pureté des lignes et cet inimitable image d’ovni.
A la différence des rivales de Maranello, les aérodynamiciens ont été muselés, préservant un sain équilibre entre forme et fonction.
Beauté, rareté, la petite (4m30 x 1m90 x 1m16 de haut) Lamborghini est un aimant à badaud, témoin d’une exclusivité qui se situe un cran au-dessus de Ferrari.
A l’intérieur, on retrouve des organes communs à la gamme Audi comme la commande de la climatisation ou l’autoradio.
Gage de sérieux pour certains, sacrilège pour d’autres.
Reste que le style intérieur est plus introverti...
Les compteurs sont peu lisibles sans le rétro éclairage couplé aux phares et les graduations espacées de 30 km/h ne favorisent pas la rapidité de lecture.
Tour de clé, le V10 prend son temps pour s’ébrouer avant de donner de la voix par ses échappements et se stabiliser sur un ralenti légèrement irrégulier.
Dans un parking souterrain, supercar-attitude garantie.
Le pare-brise plongeant et l’épaisseur des montants demandent un certain temps d’adaptation, mais la voiture sait se montrer docile, malgré une position de conduite perfectible : difficile de trouver le bon compromis entre la position du volant et celle du pédalier.

Alors, ce V10, pur produit de l’artisanat transalpin ?
N’en déplaise aux puristes, nombres d’indices plaident en faveur d’une filiation germanique.
L’angle d’équilibre idéal pour un V10 est de 72 degrés, mais celui de la Gallardo est à 90 degrés, comme la plupart des V8, dont ceux d’Audi.
Beau tour de passe-passe marketing, c’est plus la Gallardo qui a un moteur Audi que l’inverse.
Tous deux partagent la même usine, à Gyoýr en Hongrie.
Ni salami ni wurst, pensez plutôt goulash.
Qu’importent les gènes, tant que les prestations sont au rendez-vous... et les performances, dans l’absolu, sont plus du domaine de l’aviation de chasse que de l’automobile si on s’amuse à tirer sur les rapports intermédiaires.
Depuis 3500 tours, la poussée se fait franche et il devient préférable de garder le regard fixé sur la route, les vitesses atteintes étant inavouables à une heure de grande écoute.
Sortez carré blanc, triangle rose, logo rouge et crucifix, car quelque part sous cette robe noire, c’est l’antéchrist du routièrement correct qui rugit de ses dix poumons.
Le bruit est très typé, loin du cri primal des V8 Ferrari ou du grondement des V12, avec des harmoniques qui donnent un effet multiplicateur au régime et un bruit d’admission très plein.
Ce moteur sait également se montrer très souple, acceptant d’enrouler en quatrième à 1000 tours sans la moindre mauvaise volonté.
L’embrayage est plutôt doux pour la catégorie ; la boîte avec sa grille exposée intimidera un peu le néophyte mais reste relativement facile à manipuler, plus dure qu’une Modena, mais sans la virilité presque excessive d’une Maranello.
Comme ses consoeurs, plus les régimes augmentent, plus les passages de rapports sont faciles et rapides.
La boîte séquentielle E-Gear, disponible en option, est fréquentable, mais avec une première longue, il est souhaitable de laisser la survie de l’embrayage aux bons soins de votre jaret gauche.

Question comportement, excellente surprise.
Je craignais un sous-virage excessif du fait de la transmission intégrale, mais le comportement est au standard des berlinettes à moteur central, avec un avant suffisament incisif pour rentrer fort dans les virages, une motricité de très haut niveau, peut-être trop pour aller chercher les limites de l’enveloppe de comportement sur route ouverte... et cette délicieuse délicatesse de placement au freinage.
La direction pourrait être un peu plus directe, mais transmet fidèlement le braille lu par les roues avant.
La Gallardo a initialement été vendue comme une 911 Turbo transalpine : des performances de supercar dans un gabarit raisonnable, la quiétude d’une transmission intégrale pour les mauvais jours...
En trois mots : Lambo-boulot-dodo.
Tentant, mais envisagé sous cet angle, le produit rate complètement sa cible.
Maniabilité réduite par un rayon de braquage d’autobus, visibilité indigente sur l’arrière et les côtés, habitabilité réduite, capacité de chargement dérisoire tant dans le minuscule coffre avant que dans l’habitacle où il est impossible de caser un ordinateur portable et un passager.
La garde au sol est également un réel handicap malgré un porte-à-faux avant réduit.
Là où une 360 Modena, une 550 Maranello ou même une 355 passent sans problème, la Gallardo manifeste son handicap par le sinistre grattement de l’acier contre le bitume.
Envisager une utilisation quotidienne se situe entre l’excentricité et la gageure.
Il en va malheureusement de même pour une utilisation type GT.
Prévoyez le strict minimum pour un week-end à deux..., et de partir seul pour une expédition sur circuit, bagages, casque et matériel photo répartis sur le siège passager.
Dommage.

Quid de la qualité d’assemblage et de la fiabilité ?
Des craquements sinistres dans le train avant, un bruit strident de fraise de dentiste à l’ouverture des gaz, les efforts dans la transmission en manoeuvre et un siège électrique caractériel font un peu tache.
Les qualiticiens d’Ingolstadt ont certainement encore quelques stages prolongés à Sant’Agata devant eux.
Performante et belle, mais ni GT accomplie ni sportive extrême, la Lamborghini Gallardo est une voiture attachante à conduire mais un peu terrifiante à posséder, tant par la perception de qualité intrinsèque qu’un marché de l’occasion étroit et un réseau de concessionnaires réduit.
Attention danger, un coup de foudre n’est pas à exclure !

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