«La mésologie, pourquoi et pourquoi faire?»

Définie en 1848 comme science des milieux, la mésologie est née dans les travaux d’un disciple d’Auguste Comte, le médecin Charles Robin. Après de brillants débuts, son champ trop vaste devait plus tard s’écarteler entre l’écologie d’une part, les sciences sociales de l’autre. Sous l’influence de la phénoménologie, elle a été refondée sur de tout autres bases au XXe siècle, en Allemagne par le naturaliste Jakob von Uexküll, précurseur de l’éthologie et de la biosémiotique, et au Japon par le philosophe Tetsurô Watsuji.

La mésologie explore aujourd’hui la ternarité dont le rationalisme occidental, depuis Platon et Aristote, avait fait un tiers exclus pour s’en tenir à la binarité de l’alternative entre A et non-A. Entre les deux pôles abstraits du sujectif et de l’objectif, c’est la dimension du trajectif, qui est celle du symbole comme de la synesthésie : ni seulement A, ni seulement non-A, mais à la fois A et non-A. Pourquoi donc explorer cette dimension? C’est qu’il y a urgence à réembrayer rationnellement l’existence humaine à l’environnement. À force de s’abstraire du monde-objet qu’il s’est donné par le dualisme, le sujet moderne en vient à risquer de se supprimer lui-même. Sans mésologie, notre glorieux Anthropocène pourrait bien être bref…

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