"L'élève montre au maître son poème :Un papillon : Je lui ôte les ailes. J'obtiens un piment!

La réponse du maître est immédiate :
Non, ce n'est pas cela. Ecoute! Un piment : Je lui ajoute des ailes. J'obtiens un papillon."
(Alexandro Jodorowsky – La danse de la réalité)

Tu as construit au cœur de toi, dans le foyer de ton âme d’homme, des murs hauts, réguliers, dans la simple géométrie des pierres, dans la force froide des blocs. Et ces murs que tu es opiniâtre à bâtir, petit père stérile, te rassurent. Ils sont les protecteurs silencieux de ton secret de polichinelle. Tu as peur. De moi. D’elle et de lui. Alors tu te terres la nuit et le jour, tu te terres dans la matrice chaude et rassurante des systèmes. Et tu n’es plus seul. Que l’on te donne un M16, un couteau, un marteau, quelque chose qui brise, qui crève, qui transperce. Que l’on te donne aussi quelque chose à casser, à salir, à violer. Une fleur, une bagnole, une gamine. Et tu seras l’homme des multitudes faibles et imbéciles. Tu construiras autour de toi, autour des foyers, des murs hauts et réguliers, dans la simple géométrie des pierres, dans la force froide des blocs. Et tu n’as plus peur. Car tu seras justifié.

Alors, il nous faudra bien du courage pour mesurer ce qu’est l’homme, jardinier de l’absurde, fleur fragile, parce que les mots, les notes et même les cris sont futiles pour l’indicible, pour ce que l’homme a fait de l’homme.

Mais, voilà qu’aujourd’hui tu te lèves face au pouvoir, à la force nauséeuse, à l’écrasement, face à l’effondrement de l’homme par l’homme qui a commencé à ta porte, il y a des millénaires.

Tu refuses enfin les murs. C’est un jour de Shabbath.
Et ton cœur te portera loin.

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