1. Jean-Claude Barboul est secrétaire général des cadres CFDT. Pour lui les cadres sont des salariés à part entière, mais pas tout à fait comme les autres : le CDI n'est pas forcément leur seul horizon,, ils travaillent de plus en plus hors de l'entreprise, sont rémunérés de façon particulière (soit hors RTT, soit sur la base du forfait-jour), et vivent de plus en plus une interpénétration de la vie professionnelle et de la vie privée (d'autant que le milieu s'est fortement féminisé).
    Dans les pays européens, on parle de "professionnels" et de "managers", ce qui recouvre en fait mieux leurs activités. La "révolution numérique" impacte fortement leur travail, dans la façon de le concevoir, et dans les modes de contrôle. Ils ressentent fortement une injonction paradoxale à l'autonomie qui suppose un engagement important dans l'activité de l'entreprise mais sans que, dans le même temps, la gouvernance de l'entreprise ait été modifiée et que des lieux existent pour le dialogue professionnel. D'où leur forte demande de possibilité réelle d'autonomie et de regard critique.

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  2. Sophie Pochic, sociologue, a participé à un réseau de recherche se posant la question de la spécificité de la catégorie "cadres" aujourd'hui.
    Les cadres constituent un groupe composite et de plus en plus nombreux (5 millions selon l'INSEE), en augmentation très forte, notamment au niveau des entreprises et du secteur public ; dans certains domaines, comme l'informatique, ils sont particulièrement concentrés ; c'est une catégorie largement féminisée, de plus en plus diplômée, qui "encadre" de moins en moins : les cadres aujourd'hui sont principalement des "experts", qui gèrent des projets, travaillent en réseau, sont gérés sur la base d'objectifs, avec des rémunérations variables.
    Du coup, ils se sentent de moins en moins "cadres".
    Certes, certaines spécificités demeurent dans le droit du travail, les conventions collectives, leurs droits au moment de la liquidation des retraites ; ils ont une plus forte stabilité d'emploi, sont relativement plus protégés du chômage et de la précarité.
    Mais, dans le cadre actuel des nouvelles formes d'organisation du travail (liées à la rationalisation accrue, aux performances financières, au contrôle informatisé du travail...), ils pensent que, dans les faits, et comme pour les autres catégories de travailleurs, leur autonomie, apparemment renforcée au niveau des discours est tronquée, "récusée", "empêchée".

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  3. Sophie Binet est dirigeante confédérale de la CGT chargée de l’égalité femmes/hommes, et secrétaire adjointe de l’UGIC-CGT (ingénieurs, cadres et techniciens).
    Pour elle, la « loi travail » (El Khomri) envisagée remet en cause l’ensemble des droits des travailleuses et des travailleurs. En mettant en avant le principe de la négociation elle ne prend pas en compte le fait que, dans la pratique, c’est la loi qui a fait avancer les droits. Les femmes sont d’autant plus concernées par les projets actuels qu’un grand nombre d’entre elles sont dans les secteurs où dominent la précarité, la flexibilité, la sous-estimation des métiers à risques, où les syndicats sont le moins implantés, et où les luttes à mener sont les plus difficiles.
    Depuis 1999 la CGT a mis en place la parité au niveau confédéral et adopté une charte sur l’égalité femmes/hommes annexée aux statuts confédéraux. Encore faut-il faire vivre la charte dans les faits ! Un rapport de situation comparée (sur l’égalité femmes/hommes) a été élaboré, permettant d’observer la situation réelle à tous les niveaux.

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  4. Rachel Silvera est économiste, maîtresse de conférence à l’Université Paris Ouest-Nanterre-La Défense, co-directrice du groupe de recherche MAGE (Marché du travail et genre en Europe).
    Syndicats et femmes n’ont pas toujours fait bon ménage. Différentes lois, réformes et mouvements ont, depuis quelques dizaines d’années, incontestablement contribué à une prise en compte de l’objectif d’égalité professionnelle Femmes/Hommes. Aujourd’hui la part des femmes syndiquées continue à progresser (malgré le contexte de désyndicalisation), mais leur présence dans les organismes de direction est encore faible, sauf aux niveaux supérieurs lorsque les quotas l’imposent.
    Le contexte économique, la structure des emplois, la tradition culturelle syndicale, la division sexuée du travail, le turnover des responsables… peuvent expliquer cette situation, et ouvrir des pistes de transformation possibles.

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  5. Sociologue, chercheur au CNRS, Paul Bouffartigue est spécialiste des mondes du travail. Après avoir travaillé sur les cadres et les classes moyennes, il se consacre actuellement aux classes populaires. Son objectif est de sortir d’une vision « en creux », négative, des classes populaires vues comme un ensemble de « dominés », un groupe de substitution à la classe ouvrière qui a perdu son importance et son unité et n’a plus, en raison de sa soumission au compromis fordiste et tayloriste dans les années 60, les ressources pour répondre à la contre-offensive du capitalisme financiarisé qui s’est développé depuis les années 80.
    Réintroduire la question des classes dans l’analyse de la situation actuelle n’est pas faire un retour en arrière mais faire un retour sur des questionnements susceptibles de comprendre ce qui s’est passé et analyser les formes de résistances possibles aujourd’hui. Dans son ouvrage à paraître (En quête des classes populaires. Essai politique), écrit avec Sophie Béroud, Henri Eckert et Denis Merklen, il étudie les divisions et les recompositions des couches populaires, le désenclavement et les nouvelles formes d’enclavement de ces couches, leur inscription dans une « policité populaire », hors d’une vision institutionnelle de la politique.

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COUCHES SOCIALES / CLASSES SOCIALES

Institut Tribune Socialiste Plus

La notion de classe sociale a été, pendant une longue période, au coeur des analyses politiques. La chute du mur de Berlin et l'effondrement du bloc soviétique, le développement du libéralisme sous toutes ses formes dans le cadre d'une mondialisation…


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La notion de classe sociale a été, pendant une longue période, au coeur des analyses politiques. La chute du mur de Berlin et l'effondrement du bloc soviétique, le développement du libéralisme sous toutes ses formes dans le cadre d'une mondialisation renforcée, le surgissement de nouvelles revendications et l'apparition de nouveaux champs d'action - notamment féministes et écologiques -, les transformations des modes de production et de travail, le développement des "nouvelles technologies" ... ont donné l'impression d'un monde éclaté, dans lequel l'évocation des anciennes catégories n'avait plus de sens..
Pourtant, depuis une dizaine d'année, la question du "retour des classes sociales" est de plus en plus souvent évoquée. Sans doute ne s'agit-il pas vraiment d'un retour, ni des mêmes classes sociales. Mais le développement des crises financières et économiques du capitalisme libéral, l'accroissement des inégalités, la crise des systèmes démocratiques et de la représentation politique, les mobilisations sociales sous des formes diverses (même si elles ne débouchent pas) amènent à repenser le monde et à rechercher les bases et les formes de regroupements d'acteurs sociaux, susceptibles d'agir ensemble.

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