Voyage aux régions équinoxiales du nouveau continent:  José Lezama Lima, les tropes, les tropiques et l’avenir

  1. Rares sont les hommes que l'on identifie pleinement à une ville. C'est le cas - comme disait Maria Zambrano, pour Saint Thomas et Aquin, Socrates et Athènes ou encore pour José Lezama Lima et La Havane. Mais plus rares encore- est-on tenté d'ajouter- sont les cas où cette identification s'étend à la sphère de la langue, au point de pouvoir affirmer que "l'espagnol est un credo lezamien". Le film propose d'aborder une œuvre, qui malgré la fragmentation imposée par l'autoritarisme de l'histoire, se révèle aujourd'hui - cent ans après la naissance du poète-, par la portée de sa réflexion historique et philosophique, comme un point de départ singulier et nécessaire dans la pensée contemporaine.

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  2. Fragment du dialogue avec Ascanio Lazar autour du film

    Ascanio Lazar : On est devant un film de 4h, comment tu expliques cette durée ?

    Mauricio Hernández : La durée du film est due à la complexité du sujet traité. C’est Lezama qui rend cette durée nécessaire et naturelle en même temps, car il n’y a rien de forcé au niveau de la durée. Le film s’adapte tout simplement à la recherche qu’il entreprend, c’est-à-dire qu’il a ses cordonnées propres, son point de départ et une conclusion qui se développe comme l’élargissement de la problématique centrale de l’œuvre de Lezama : l’image. En fonction de ces éléments, la parabole est simple à définir à partir d’une rencontre à la Havane en décembre 1999. Ce récit invite à entreprendre la traversée du seuil que le centenaire de la naissance de Lezama offre tout le long de l’année, pour finir le jour même de cet anniversaire, le 19 décembre 2010. Cette période se déploie dans le parcours d’un territoire, La Havane bien sûr, mais aussi son vis-à-vis estival, Douarnenez, en Bretagne, où se manifeste -en parfaite symétrie avec les caraïbes, ce réflexe très humain qui consiste à se rapprocher de la mer pour manger. Mais le film ne pouvait que commencer à Paris car c’est ici que je vis, il est en quelque sorte un point d’ancrage et un hors-champs où se mène à bien le colloque le plus important du centenaire, un des moments les plus heureux de ma vie. Puis il fallait tout simplement entrer dans une salle cinématographique parisienne pour en sortir dans une autre à Miami où l’on parcours le territoire de l’exil lors de la rencontre de la famille de Lezama.

    A. L. – Pourquoi l’un des moments les plus heureux de ta vie ?

    M. H. – L’œuvre de Lezama m’accompagne depuis l’âge de 17 ans. J’ai toujours voulu écrire un essai sur Lezama qui se serait appelé « La nación proveniente » le titre du film, tâche qui avançait mais qui ne voyait pas le jour. Alors soudain dans le colloque, j’étais entouré par des gens qui durant toute leur vie avaient lu les mêmes choses que moi et toi, c’était comme s’être reflété toute sa vie sur des eaux où l’on trouvait soudain une diversité des reflets, des affinités…

    A. L. – Retournons à l’aura de complexité du film qui à mon avis n’est qu’une aura.

    M. H. –Exact, mais tu es un spectateur idéal, tu es aussi lézamien, ta langue maternelle est l’espagnol, tu parles français et anglais, alors tu peux suivre chaque détail du film, et accepter l’ensemble dans la simplicité de sa forme. Et tu as aussi l’habitude d’un certain type de cinéma qui échappe aux formes répétitives du cinéma documentaire.

    A. L. – Alors il faut aimer le cinéma d’avant-garde ou Lezama pour pouvoir voir le film ?

    M. H. – Il faut aimer la poésie tout court, mais au niveau de la forme propre du film, elle peut désorienter. Tu sais, le regard est toute une physiologie. Ça se construit un regard, on revient au privilège d’avoir comme point de départ Paris, où l’on doit à Langlois la construction de ce regard. Mais ce à quoi je faisais allusion par rapport à la complexité, c’est à tous les facteurs préalables nécessaires à établir un premier contact avec l’œuvre de Lezama. Si le spectateur s’attend à être guidé comme dans un documentaire où on lui dose de l’information au compte-gouttes, il risque d’être surpris ici, car il lui faudra non seulement se remettre à chercher un lien entre les lieux parcourus mais aussi se demander de qui ou de quoi on parle. Ceci pourra arriver si le public n’est pas habitué à un type de cinéma plus libre des canons télévisuels généraux, et davantage encore s’il ne parle pas espagnol, car un public qui parle espagnol et qui n’est pas habitué à ce genre de discours peut se faire sa place malgré tout. Nous l’avons constaté avec des projections spécifiques qui testaient différents types de public pour délimiter les axes d’interprétation du film. Je rigole bien évidemment.

    A. L. –Heureusement, je te sais incapable de changer la forme de ton film après un sondage de cobayes comme cela se fait dans l’industrie.

    M. H. –Je ne bannis pas la voie documentaire, il s’agit d’une démarche tout à fait honnête, mais Lezama, pour moi, demandait autre chose.

    A. L. –Du cinéma d’avant-garde ?

    M. H. –Le film doit agir comme une porte, le spectateur est invité à la traverser. Ce n’est pas du cinéma d’avant-garde…

    A. L. – Mais quand même un peu !

    M. H. – Il y a une filiation qui n’a pas besoin d’être évoquée, et qui va du lettrisme/situationnisme aux films de Teo Hernández, ce qui n’implique pas une recherche formelle, pour moi ce sont des repères. Puis le dispositif est assumé dans toute sa souplesse.

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  3. ¿Quién y cómo leerá a Lezama cuando el papel ya no sea el principal soporte de su escritura? José Lezama Lima o la nación proveniente nos sumerge en el corazón de esa pregunta a través de un coro de lecturas, atravesado a su vez por una teoría de la imagen. Si para llegar a un filme sobre Lezama, como el mismo autor confiesa, ha tenido que alejarse de todo propósito cinematográfico, no ha dejado de interrogarse en cambio (pregunta casi arrinconada por el cine actual) por el estatus de la imagen. Como si para llegar a Lezama Lima hubiese que preguntarse al mismo tiempo que sobre su escurridiza escritura, al mismo tiempo salvaje y refinada, sobre las herramientas de nuestra propia lectura. Quizá por ello la teoría (o desfile, como etimológicamente le gustaba decir a Lezama) que las imágenes de La nación proveniente desprenden no deja de interrogarse, de un modo casi especular, por la dialéctica que para el poeta cubano se establece entre el desfile procesual de la metáfora y la súbita aparición vertical de la imagen. No hay, en este viaje que Mauricio Hernández y Pedro A. Vilchis nos proponen a las regiones equinocciales, un sólo instante en que el montaje horizontal no esté atravesado por ese otro montaje vertical del sonido, que en lugar de proyectar su esperada imagen se transfigura súbitamente en ese monstruo o doble con el que Lezama gustaba de identificar a la poesía. Así, por ejemplo, los aproximadamente seis minutos del Poco allegreto de la tercera sinfonía de Brahms (en cuya forma ternaria nuestra cultura neopop no ha dejado de reconocerse, desde Santana a Gainsbourg pasando por un reciente videojuego) son sucesiva y simultáneamente atravesados por la escritura de Lezama (Paradiso, IX, 1966), el eco de la voz-escrita de Rosa Lima (1930) y la lectura de ambas por Bellita Portilla Ibáñez (2010). Voces todas ellas que vemos, más que oímos, en una habitación habanera en la que al mismo tiempo un televisor parpadea sin descanso las imágenes aceleradas de El viajero inmóvil, la versión de Tomás Piard de Paradiso, justo antes de que re-escuchemos los himnos de Japón y Paraguay, en el partido de cuartos del mundial de fútbol de Sudáfrica, transfigurados en el tercer movimiento de la tercera sinfonía de Brahms. Como esa torrencial cabalgata que impulsa no pocos de los poemas de Lezama, las imágenes que vemos se superponen y simultanean formando, capa tras capa, los diferentes estratos que conforman la aparente sincronicidad de todas las imágenes que diariamente, lejos ya de contemplar, inevitablemente padecemos. Pour la première fois dans l’histoire, escribe otro poeta, Bernard Noël, c’est la séduction qui opprime et non pas la violence. La seducción de la imagen, pues, como síntoma (en el más estricto sentido patológico) de nuestra cultura. No por azar, durante un par de minutos vemos desfilar las imágenes de La sociedad del espectáculo –en forma sucesiva de shooting, shopping y relaxing– mientras leemos la voz de Guy Debord y escuchamos a Severo Sarduy compararse con el tigre que Dante (según su paráfrasis o misreading de “Inferno I, 32”, el texto de El hacedor de Borges) vio paseándose a finales del siglo XII en una jaula para ser citado en la Commedia bajo la forma de la palabra lonza y así justificar plenamente su existencia; del mismo modo, sugiere Sarduy, que la suya quedaría paralelamente justificada por la aparición en alguno de los renglones de la Era Lezama. Una era heurística y esencialmente anacrónica, convendría añadir. O lo que es lo mismo, des-fasada para mejor leer las fases o estratos, re-cubiertos a velocidades cada vez mayores por el interminable flujo de imágenes, de nuestra hipertrofiada cultura tardo moderna. Una anacronía de hecho por la que parece quedar atrapado cualquier esfuerzo de interpretación de la obra del poeta cubano. Desde la propia Nación proveniente, donde las imágenes de superocho conviven con las fotografía en blanco y negro y el nervioso color de la cámara de vídeo, a la reciente coreografía de Muerte de Narciso de Alicia Alonso. Ballet especularmente anacrónico, donde la danza clásica a lo Balanchine o a lo Markova se deja penetrar por la anacronía straussiana de la música de Julián Orbón, mientras el bailarín que en once minutos debe darnos su interpretación de ese poema neogongorino de Lezama, más propio de un estilo tardío, se diría, que de un poema de juventud, evoluciona en escena dejándose leer al mismo tiempo por el neonarcisismo de la mirada de los espectadores que contemplan sus movimientos no desde el patio de butacas sino desde el marco de una pantalla. Después de más de tres horas de imágenes, ese mismo espectador no puede más que preguntarse por la prolongada duración de lo que está viendo y quizá, apoyándose en Lezama, decirse hacia al minuto 240 o 48 que no hay obras largas o breves, sino abundancias justas o injustas.

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  5. Organisateur de la journée d'études "Le possible dans l'œuvre de José Lezama Lima"

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Voyage aux régions équinoxiales du nouveau continent: José Lezama Lima, les tropes, les tropiques et l’avenir

Mauricio Hernández Plus

Doc. 2014 | 167 min | Réalisation : Mauricio Hernández | Avec la participation exceptionnelle de Alicia Alonso, Chinolope et Cesar Lopez | Voix : Romy Sánchez | Son : Leïla Colin-Navaï et Fivos Maniatakos | Producteur: Pedro A. Vilchis Montes | Lieux…


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Doc. 2014 | 167 min | Réalisation : Mauricio Hernández | Avec la participation exceptionnelle de Alicia Alonso, Chinolope et Cesar Lopez | Voix : Romy Sánchez | Son : Leïla Colin-Navaï et Fivos Maniatakos | Producteur: Pedro A. Vilchis Montes | Lieux de tournage Paris, La Havane, Miami.

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