Le Mépris

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LE MÉPRIS

Ça commence comme un film de la nouvelle vague. Dans un Paris rêvé par les américains, dans un café d’une rue commerçante, une fille qui a mal dormi bois deux expressos face à deux garçons.
Camille et Bruno, respectivement guitariste et chanteur du groupe Neïmo, ont formé un groupe, un autre : Le Mépris.
« Le Mépris » prononcé avec l’accent américain, film iconique d’une France des années soixante qui rêve à l’Amérique.
On pense au thème de « Camille » composé par Delerue, calqué sur le Tristan et Iseult de Wagner. Un duo qui se fait son film, son rêve américain. Thelma et Louise au masculin. C’est un film émouvant, pas un Blockbuster qui en met plein la vue. C’est un film avec de grands
espaces de western. Même en roulant à fond la caisse, le paysage se déroule doucement tant il est vaste. Sur une basse-batterie sixties, que l’on doit au talent de Benjamin (batterie) et Sébastien (basse), se
déploie un couple guitare-voix plus nineties avec une bonne dose de reverb qui donne cette impression d’immensité, en même temps que la dimension onirique. Et l’écho des chœurs lointains dans les canyons.
L’écho
Echo de ce rêve dans le rêve dans le rêve Rêve des sixties qui rêvent au rêve américain. Le Mépris re-digère le rêve américain de la Françoise Hardy des sixties.
Tissées de poème d’Apollinaire ou Emma Lazarus, les paroles mêlent d’ailleurs l’anglais et le français.
La musique d’Enio Morricone est un rêve de l’Ouest américain, elle est devenue l’image acoustique du western alors que la musique country « du cru » au banjo et à l’harmonica n’a rien de grandiose. On est dans une réalité cinématographique, la dernière séance.
Bruno raconte comment il a offert un véritable Stetson à son père en rentrant du Texas. Il avait retrouvé un vieux photomaton de son père, très jeune, chapeau de cowboy, lunettes noires, clope au bec. Toute la panoplie. Il se fait son film.
Peaks.
De la même manière Bruno et Camille nous font leur cinéma, avec une pointe d’étrangeté à la Twin
Le Mépris c’est une vague nouvelle qui revient en arrière pour prendre un chemin différent.
On revisite le rêve d’une autre génération, il y a une pointe de nostalgie et un côté « unplugged » et « live » qui évoque la Factory et le Velvet Underground. Camille raconte que ses parents étaient à New York à l’époque. Il était tout petit et on lui a raconté qu’il était arrivé que Nico s’occupe de lui. Mythe personnel et nostalgie d’un passé dont on se souvient plus.
Comme dans « Retour vers le futur », on revient en arrière et on crée un monde musical parallèle, une bifurcation. C’est un itinéraire bis dans l’histoire musicale
Dans le Mépris, celui de Godard, se pose la question de l’intégrité artistique.
Un nouveau départ sous un nouveau nom c’est une nouvelle identité. Echapper aux différentes pressions sociales, familiales, financières, aux attentes des autres. Une bulle, un espace de liberté, une soupape. Faire ce qu’on aime, sans concessions et sans se poser de question. Tout est permis. La page blanche sans angoisse. L’inspiration.
Rien à prouver juste des choses à exprimer.
« On n’est pas là pour bomber le torse, ni montrer ses muscles. Mais pour faire ce qu’on aime, comme on le sent ».
Sans album avec un concept, mais au titre par titre, pressés sur vinyle. On rêve un âge d’or, aujourd’hui.
La bande son d’un rêve éveillé.

Alizé Meurisse.

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